© INTERNELe réchauffement de la planète n’est pas inéluctable. Des mesures simples et peu coûteuses pourraient être mises en place rapidement si les Etats acceptaient de prendre leurs responsabilités. Les experts du Comité intergouvernemental des Nations unies sur les changements climatiques (IPCC) l’affirment dans un rapport publié lundi, au terme d’une conférence qui s’est déroulée à Accra, au Ghana.
Vent, eau, déchets…
Selon les scientifiques, des centaines de technologies et de pratiques permettraient de faire des économies d'énergie "dans les immeubles, les transports et les industries de transformation". Ils citent notamment le recours aux énergies éolienne et hydraulique, aux dérivés de déchets agricoles et animaux, au méthane qui se dégage des déchets ensevelis. En revanche, "l'utilisation et l'extension de la durée de vie des centrales nucléaires", également évoquées, sont dénoncées par la plupart des associations écologistes, malgré le soutien qu’elles apportent aux Ces technologies
conclusions du rapport.
pourraient
contribuer
pour 50% à
la réduction
des émissions de carbone d'ici 2010
Si les Etats prenaient des mesures pour rendre ces technologies rentables, elles contribueraient pour 50% à la réduction des émissions de carbone -gaz carbonique (CO2) et autres gaz à effet de serre (GES)- d'ici 2010, qui atteindraient ainsi "un niveau proche, voire même inférieur à celui de 2000". Néanmoins, "leur mise en place nécessite des changements institutionnels et socio-économiques", précisent les experts.
Energie verte et "permis de polluer"
Les forêts et sols agricoles, où arbres et végétaux en état de croissance "puisent" du CO2 dans l'atmosphère et le "stockent", offrent également "un potentiel élevé" de limitation des émissions de gaz à effet de serre : près de 100 milliards de tonnes de carbone sur 50 ans, soit 10 à 20% des émissions dues aux combustibles fossiles sur cette période.
Enfin, l'usage des mécanismes prévus par le protocole de Kyoto pour faciliter le respect des quotas d'émissions (échanges de permis d'émission, investissements dans des technologies propres à l'étranger) sera également bénéfique pour les pays du Nord comme du Sud. Avec de Les forêts et
tels échanges, la limitation des émissions de carbone coûtera aux pays développés entre 0,1% et 1,1% de leur PIB (produit intérieur brut)… et le double, sans ce dispositif.
sols agricoles
offrent un
potentiel élevé
de limitation
des émissions
de gaz à effet
de serre
Des coûts limités
Lutter contre le réchauffement climatique n’est pas nécessairement coûteux, insistent les experts de l’Onu. La moitié de la croissance prévisible des émissions de carbone entre 2000 et 2020 pourrait être évitée à un coût maximum de 100 dollars par tonne de carbone. L'autre moitié pourrait être évitée à un "coût négatif", compte tenu des bénéfices engrangés simultanément dans d'autres domaines, par exemple en matière de qualité de l'air.
Reste aux Etats, développés ou en voie de développement, à se donner les moyens d’adopter les mesures préconisées par l’ICPP. Une décision d’autant plus difficile à prendre que jusqu’en 2020 au moins, les énergies fossiles resteront peu coûteuses et abondantes.
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