© INTERNELa carte est explicite. Le césium 137, élément radioactif artificiel rejeté dans l'atmosphère par la centrale ukrainienne, est toujours présent dans l'hexagone. Les zones les plus touchées se situent à l'Est de la France depuis la Corse jusqu'à l'Alsace. Sont notamment concernées des zones montagneuses peu peuplées et les parcs naturels régionaux du Vercors (Drôme-Isère) ou du Mercantour (Alpes-Maritimes). Selon le géologue André Paris, bénévole de la CRII-RAD et auteur de cette "première carte de contamination du sol français", à 10 km au nord de Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence) "on est sur des sols autant contaminés qu'à Kiev", à 5 km de la centrale de Tchernobyl, "avec une mesure de 33.000 à 39.000 becquerels par mètre carré".
![]() Relevé de mesures- |
Arrêter la mascarade et les non-dits
Selon le président de la CRII-RAD, Roland Desbordes, ceci permet donc de "voir exactement les doses scandaleuses subies par les populations", après l'explosion nucléaire. En 1997, l'Opri et l'IPSN (Institut de protection et de sûreté nucléaire) avaient publié une étude conjointe sur les "tâches résiduelles" de césium 137, assurant "que la santé des personnes ne pouvait être mise en danger par cette radioactivité artificielle réelle, mais très faible". Deux ans plus tard, des taux radioactifs supérieurs à la normale, relevés par l'Opri dans des champignons du Mercantour, "ne nécessitaient aucune mesure d'interdiction de consommation".
La CRII-RAD espère que cette nouvelle étude montrant "la réalité avec des preuves irréfutables" permettra de lutter contre les "habitudes de secret des pouvoirs publics en matière d'accidents nucléaires". En 1986, le gouvernement avait indiqué que la France était épargnée par le nuage radioactif. Le Service central de protection contre les rayonnements ionisants (ex-Opri), affirmait quatre jours après la catastrophe qu'il n'y avait "aucun risque". Carte à l'appui, il avait démontré que l'anticyclone était "suffisamment puissant pour protéger la France".
Etude complémentaire en Corse
Une campagne de mesure de la radioactivité des terrains et des produits alimentaires va être lancée en Corse pour mieux cerner l'impact du "nuage" de Tchernobyl a de son côté annoncé l'Institut de protection et de sûreté nucléaire. Des études menées dans la basse vallée du Rhône ont mis en évidence un lien entre les pluies tombées pendant le passage du nuage et les niveaux de contamination : la pluie a fixé la radioactivité au sol et sur la végétation, jouant un rôle décisif. Des mesures seront également réalisées sur les sols et les produits agricoles locaux dans les zones où il a été fait état de problèmes thyroïdiens dans la population, comme dans la région de Balagne. La radioactivité est un facteur de développement du cancer de la thyroïde, et on a noté un grand nombre de cas chez les enfants et les jeunes adultes après l'accident de Tchernobyl.
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