© INTERNEEn abattant 130 millions d’arbres, la tempête de décembre 1999 avait créé un véritable traumatisme national. Pas étonnant. Les forêts reçoivent plus de 200 millions de visites par an, ce qui les place au premier rang des lieux de loisirs et de détente fréquentés par les Français. Un phénomène analysé en région parisienne par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc).
Un loisir de masse
Comme la majorité des Français, les Franciliens aiment fréquenter les futaies et sous-bois. Sur les 8,2 millions d’adultes vivant en Ile-de-France, 6,2 millions s’y sont promenés au moins une fois en 1999 —un chiffre en augmentation de 30% par rapport à 1968, date de la dernière enquête du Crédoc sur ce thème. Les sorties en forêt ont progressé, quant à elles, de 60% en 30 ans, avec 92,5 millions de visites. A titre d’exemple, le massif de Fontainebleau, a reçu 17
92,5 millions
millions de visiteurs en 1998, soit le cumul des entrées dans les plus importants parcs d’attraction régionaux (Disneyland Paris, Astérix, Mer de sable, parc animalier Thoiry, jardin d’acclimatation, parc de Bagatelle).
de sorties
en forêt
en 1999
(+60%
depuis 1968)
La forêt est ainsi devenue l’un des tout premiers espaces de loisir de masse. Sa gratuité contribue à son succès ; le besoin de nature des Franciliens également. La "forêt de proximité" remporte d’ailleurs la majorité de leurs suffrages, ce qui traduit, relève l’étude du Crédoc, un "souci de l’amélioration du cadre de vie urbain par la multiplication des espaces verts". Dans l’imaginaire des parisiens et des banlieusards, la forêt renvoie à deux "imaginaires" différents mais complémentaires : les massifs "naturels", propice au plaisir esthétique et au ressourcement, et les parcs forestiers, plus sécurisants, dont l’entretien facilite la promenade et les activités physiques.
Des loisirs plus actifs
Comme en 1968, les visites en forêt se déroulent surtout en groupe ou en famille (68%),durant le week-end (63%) et dans un site proche du domicile (pas plus de 15 minutes de trajet pour 63% des amateurs de bosquets). Depuis 30 ans, les Franciliens passent en moyenne deux heures à l’abri de ces "monuments de verdure" mais les activités qu’ils y pratiquent ont changé : repos, pique-nique et jeux (ballon, boules…) ont été supplantés par la promenade (72%), la randonnée et les activités physiques (jogging, parcours de santé, VTT…).
Selon Thierry Moignieu, ingénieur spécialisé à l’Office national des forêts (ONF), la fréquentation croissante des espaces boisés, si elle est positive, génère surtout des conflits entre les "usagers", qu’ils soient piétons, vététistes ou cavaliers, notamment dans certains sites très fréquentés. Très individualistes, ils ignorent souvent que la forêt est un milieu écologique à l’équilibre fragile. La solution passe par "une meilleure information du public pour mieux se comporter en forêt et pour mieux en profiter", a déclaré Thierry Moignieu à la rédaction de tf1.fr. Pas si simple quand, en région parisienne, l’ONF ne dispose que de 500 employés, personnels administratifs compris. Et l’étude du Crédoc d’appeler au développement d’une politique régionale de la forêt plus ambitieuse. Son commanditaire, l’Agence des espaces verts de la Région Ile-de-France, appréciera.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




