Le nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob aurait-il traversé l'Atlantique? Selon une information diffusée par la radio locale RFO, un homme de 70 ans présentant des symptômes de la forme humaine de la maladie de la "vache folle" est actuellement hospitalisé au Centre hospitalier universitaire de Pointe-à-Pitre. Le patient serait allé à l'hôpital pour une simple opération des yeux. Mais en raison des résultats des tests, les médecins l'ont transféré au service neurologie où il est toujours en observation.
Trois cas entre la Guadeloupe et Saint Martin
 Le CHU de Pointe-à-Pitre - DR |
Contacté par TF1.fr, RFO nous apprend qu'il a été placé dans une chambre d'isolement. Tous les instruments ayant servi à l'opération ont été mis sous séquestre. Les opérations qui étaient programmées dans ce service neurologie ont été orientées vers l'extérieur, et notamment sur l'île voisine, la Martinique. Désormais, il va falloir attendre les résultats définitifs des tests sur ce patient. Le délai peut être assez long, allant jusqu'à plusieurs mois après sa mort. Radio France Outre-mer rapporte également dans une de ses éditions que ce sont, en fait, deux cas de la maladie de Creutzfeldt-Jakob qui ont été diagnostiqués en Guadeloupe et un troisième à Saint-Martin. Ces trois patients sont des résidents de l'archipel et non des touristes. Alors que trois décès ont jusqu'à présent été officiellement attribués au nv-MCJ en France, tous en métropole, la radio révèle en outre qu'une personne serait décédée de la maladie, sur l'archipel, en 1998.
Le ministère de la Santé reste très prudent
Aucune preuve scientifique tangible ne permet, en l'état actuel de la science, de dire s'il s'agit bien dans les cas présents du nouveau variant de la MCJ ou juste de sa forme classique, connue depuis longtemps. |
Dans un communiqué, le ministère de la Santé n'a pas confirmé précisément tous ces dires. "Trois personnes sont aujourd'hui hospitalisées avec une maladie neurologique qui fait l'objet d'une évaluation de MCJ. Pour deux d'entre elles, le tableau clinique et les examens effectués n'amènent pas les cliniciens à conclure en faveur de l'hypothèse de MCJ nouveau variant", a précisé le ministère. "Pour la troisième personne des investigations complémentaires sont en cours et il n'est pas possible à ce stade de porter une appréciation définitive". Le ministre de la Santé, Bernard Kouchner, reste "particulièrement vigilant" à l'évolution de la situation. Il a été demandé à la DDASS d'effectuer une évaluation des facteurs de risque des différents patients (génétique, iatrogène ou autres).En effet, la maladie de Creutzfeldt-Jakob n'est pas forcément liée à la maladie de la "vache folle". Il faut distinguer entre l'affection "classique" qui frappe bon an mal an 80 personnes en France métropolitaine, et la nouvelle forme de la maladie de Creutzfeldt-Jakob où peut intervenir une contamination animale. Cette dernière pathologie, connue sous le nom de "nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob" (nvMCJ), ne peut être confirmée que par autopsie après le décès du malade. Pour le cas de la personne décédée en 1998, le ministère de la Santé précise qu'il s'agissait uniquement de la forme habituelle de la maladie. A propos des trois autres cas suspects, "fort heureusement ces patients sont toujours en vie et il est donc impossible de savoir si c'est un cas de la forme humaine ou si c'est de la forme classique", a clarifié le ministère. Dès lors, la vigilance est de mise. Mais aucune preuve tangible ne permet, en l'état actuel de la science, de dire s'il s'agit bien dans les cas présents du nouveau variant de la MCJ ou juste de sa forme classique.