© INTERNEtf1.fr : Comment se présente la DHEA désormais disponible dans les pharmacies ?
Professeur Baulieu : Il faut savoir que ce ne sont pas des pilules avec une marque précise, déposée par un laboratoire, qui sont en vente, mais ce que l’on appelle une préparation magistrale. C’est-à-dire que le pharmacien établit une préparation individuelle et occasionnelle à partir de l’ordonnance du médecin. C’est en fait une préparation à l’ancienne sous l’entière responsabilité du pharmacien quant à sa composition.
tf1.fr : Peut-on avoir confiance dans la poudre dont disposent les pharmaciens ?
Professeur Baulieu : Oui, je pense que l’on peut avoir confiance dans ce produit, mais pour moi cette solution ne peut-être que temporaire.
tf1.fr : Pensez-vous que tout cela est trop précoce ?
Professeur Baulieu : En fait, je considère cette autorisation de vente dans les pharmacies comme une solution d’attente, proposée sous la pression sociale. J’avoue ne pas avoir été consulté. C’est un peu tôt, le public, mais aussi les professionnels de la santé manquent encore d’information sur ce sujet, il faut vraiment rester prudent. D’autant que tous les résultats de nos études sur les effets de la DHEA, ne sont pas encore connus.
D’ailleurs l’Ordre des médecins et l’Ordre des pharmaciens se sont élevés contre cette décision, mais ne prendront pas de sanctions.
tf1.fr : N’avez-vous pas un peu peur des dérapages ? Que préconisez-vous avant toute utilisation ?
Professeur Baulieu : Oui, avant toute prescription, il est préférable de faire un bilan hormonal complet. Tout individu ne manque pas systématiquement de DHEA. De plus, il existe des contre-indications, certes limitées (antécédent de cancer du sein ou du col de l’utérus, notamment). Il faut donc vérifier tout cela avant. Mais le médecin est responsable de ses actes et fait ce qu’il veut.
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Propos recueillis
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