© INTERNEAvec l’arrivée précoce des grosses chaleurs, les pics de pollution devraient faire leur réapparition dans les grandes agglomérations françaises. Un problème auquel l’opinion publique est de plus en plus sensible… et qu’un rapport parlementaire sur la pollution de l’air relativise.
"Pollution en recul"
Jetant un pavé dans le "smog", la député socialiste Annette Peulvast-Bergeal affirme en préambule du document que "depuis trente ans, la pollution atmosphérique urbaine a tendance à reculer". Cette amélioration s’explique par "le recul des pollutions d’origine industrielle" et par "les nouvelles habitudes de chauffage des citadins", qui font la part belle à l’électricité et au gaz plutôt qu’au charbon.
Reste que "les transports sont la principale source d'émission de substances polluantes dans l'atmosphère", même si des "progrès [ont été] accomplis tant sur les moteurs que sur les carburants et sur le traitement des gaz d'échappement". Il en résulte un changement dans la nature de la pollution, autrefois plus "soufrée" du fait de l'industrialisation, et aujourd'hui plus "azotée" à cause de la circulation automobile, dont les particules, plus fines, pénètrent profondément dans l'appareil respiratoire.
Prudence parlementaire
"Le risque sanitaire
Si le rapport reprend plusieurs études confirmant l'impact sanitaire à court terme de la pollution atmosphérique urbaine, il précise que "le risque sanitaire est nettement moins élevé que celui pesant sur un fumeur" et qu’il est en outre "délicat d'établir (…) un lien de causalité entre niveau de pollution atmosphérique et mortalité". Et d’avancer prudemment que "certains éléments laissent à penser que la pollution atmosphérique urbaine pourrait être légitimement considérée comme un réel enjeu de santé publique". Pour répondre aux inquiétudes des Français, la mission parlementaire préconise de renforcer le système de surveillance de l'air, jugé "performant" mais "complexe", pour mesurer plus finement la pollution extérieure et celle, trop négligée, à l’intérieur des bâtiments.
(de la pollution
atmosphérique)
est nettement
moins élevé
que celui pesant
sur un fumeur"
Deux associations écologistes, contactées par la rédaction de tf1.fr, ont réservé à ce rapport un accueil mitigé. Selon Ariane Vennin, avocat de l’association Ecologie sans frontière dans le cadre du "procès de l’air", si la qualité de l’air s’améliore globalement, "on omet de préciser que la nocivité des polluants augmente", à l’extérieur comme à l’intérieur des bâtiments. "Il faut tirer parti des scandales du sang contaminé ou de l’amiante pour ne pas attendre quinze ans avant de réagir", a-t-elle ajouté, dénonçant un droit français "lacunaire voire inefficace".
Quant à Jean Bonnemain, l’un des porte-paroles de l’association Robin des Bois, il s’est emporté contre un "rapport de circonstance qui tend à minimiser l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique et à dégager la responsabilité du gouvernement, qui n’a pas fait d’effort consistant, à part le gag de la pastille verte". Il a également regretté que les capteurs de pollution soient aussi peu nombreux sur le territoire et qu’ils ne mesurent pas les taux de nouveaux polluants tels que "les dioxines, les benzènes, les composés organiques volatiles". Le débat est loin d’être clos.
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