L'avenir du climat mondial suspendu à une décision américaine

Par M.D. , le 16 juillet 2001 à 07h00 , mis à jour le 13 juillet 2001 à 18h55

La ville de Bonn, en Allemagne, accueille lundi une conférence internationale sur le réchauffement climatique. L’avenir du protocole de Kyoto, déclaré "lettre morte" par les Etats-Unis, y sera décidé. Les tractations devraient se multiplier.

voitures usines climat © INTERNE

Les Etats-Unis vont décider lundi de l'avenir des négociations climatiques lancées il y a dix ans. Ayant dénoncé le principal accord de lutte contre le réchauffement planétaire, le protocole de Kyoto, ils peuvent se réfugier dans l'attentisme ou bien bloquer les pourparlers, estiment des diplomates européens et du G-77 (pays en développement) qui ont requis l'anonymat. De son côté, le Washington Post  affirmait dans son édition de samedi que les Etats-Unis ne présenteraient pas de propositions contre le réchauffement.

"Participation active" des USA

En mars,
les Etats-Unis
ont déclaré
"lettre morte"
le protocole
signé par
l'administration
Clinton

Les représentants de 180 pays sont attendus à Bonn (Allemagne) pour reprendre les négociations sur les modalités d'application du protocole de Kyoto (1997). Un protocole qui impose des réductions de CO2 et autres gaz à effet de serre aux pays industriels et des obligations limitées au G-77. La délégation américaine, dirigée par le nouveau sous-secrétaire d'Etat aux affaires globales, Paula Dobriansky, a promis une "participation constructive" aux discussions qui se déroulent dans le cadre de conférences de suivi de la Convention climat de l'ONU de 1992. Elle sera "très active" sur les questions de suivi de ce premier accord climatique et interviendra sur Kyoto si les négociations menacent "le commerce" international ou créent "des précédents" pour d'autres accords multilatéraux. Les Américains ne prévoient pas cependant de "mettre une nouvelle proposition sur la table"

En mars, les Etats-Unis ont déclaré "lettre morte" le protocole signé par l'administration Clinton, suscitant déclarations contradictoires chez leurs alliés de négociations (Canada, Australie, Japon, Russie notamment) et critiques dans les autres camps (UE, autres Européens, G-77). Le protocole entrera en vigueur seulement si 55% des émissions de CO2 des pays industriels de 1990 sont représentés dans le quota minimum de 55 pays devant ratifier. Il n'a été ratifié par aucun grand pays industriel, chacun attendant les règles d'application pour se décider.

L’Europe unie

L'UE (24,2% des émissions de CO2 de référence), comme ses alliés européens non membres de l'Union, (7,4%), a affiché sa volonté de ratifier et de faire entrer en vigueur Kyoto "au besoin sans les Etats-Unis" dès 2002. Dans des négociations où le consensus est de règle, elle devra plus que jamais s'allier avec les pays en développement, qui ont souligné mardi dans un communiqué "la validité du protocole". Mais elle devra faire des concessions importantes à des alliés traditionnels des Etats-Unis, comme le Japon (8,5%) et la Russie (17,4%) qui détiennent la clé de l'entrée en vigueur de Kyoto depuis la défection des Etats-Unis (36,1%). Que les tractations commencent !

Par M.D. le 16 juillet 2001 à 07:00
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