Bactérie du poulet et saucisses cancérogènes au menu

Par Matthieu DURAND , le 17 juillet 2001 à 16h35 , mis à jour le 17 juillet 2001 à 16h47

En été, la consommation de viandes grillées et froides augmente. Or, certains de ces produits contiennent des bactéries infectieuses ou des substances cancérogènes. Parmi les aliments à risque : le poulet, la charcuterie et le poisson fumé.

saucisse alimentation consommation charcuterieDes saucisses (archives). © INTERNE

Les amateurs de barbecue et de viandes froides vont devoir redoubler de précaution. Certains produits alimentaires, comme le poulet, abritent en effet des bactéries infectieuses, d’autres, comme les saucisses, des molécules cancérogènes. Sur la base d’études scientifiques, deux quotidiens français tirent la sonnette d’alarme.

Gare au poulet

Dans son édition du 17 juillet, le Parisien révèle que la bactérie Campylobacter jejuni provoque plus de gastro-entérites que la salmonelle. Aux Etats-Unis, chaque année, 2,5 millions de personnes en sont victimes. Selon Philippe Lagrange, chef de service de microbiologie à l’hôpital parisien Saint-Louis, interrogé par le quotidien, la Campylobacter devrait toucher 500.000 personnes en 2001, en France. Ses symptômes : diarrhées, douleurs abdominales, fièvres, nausées, vomissements et, plus rarement, paralysie musculaire (syndrome de Guillain-Barré) pouvant atteindre l’appareil respiratoire. Les cas de décès sont néanmoins peu nombreux.

En 2001,
la "bactérie
du poulet"
devrait toucher
500.000
personnes
en France

Cette bactérie est transmise par ingestion d’aliments dont la cuisson est insuffisante ainsi que par contact avec des animaux domestiques et d'élevage infectés. Le risque principal vient des poulets élevés en batterie. "Dans tous les pays industrialisés, presque toutes les volailles destinées à la consommation sont infectées", a déclaré Philippe Lagrange au Parisien. Saison des barbecues, des viandes froides et des produits crus, l’été est une période propice à l’essor de la Campylobacter. La prévention passe par une hygiène stricte : laver régulièrement les ustensiles de cuisine, respecter la chaîne du froid, ne pas décongeler un produit à température ambiante…

Pâté rose… et cancérogène ?

Plus grave pour la santé, de nombreux produits alimentaires - comme la charcuterie, la bière, les poissons fumés, salés ou en conserve - contiennent des nitrosamines. Ces molécules ont été classées parmi les produits cancérogènes par l’Agence internationale de recherche sur le cancer, à l’OMS (Organisation mondiale de la santé). France Soir a consacré sa une à ce sujet en juin dernier. Pour la charcuterie, "la présence de nitrosamines provient de l’ajout de nitrates et nitrites utilisés comme conservateurs", explique le journal. Ces ajouts permettent de donner une coloration rosée aux produits mais aussi de retenir l’eau et donc d’augmenter le poids du produit…

Scientifiques et associations de consommateurs se sont mobilisés. En mars, le député socialiste Arnaud Montebourg a même posé une question écrite sur ce sujet au ministre de l’Agriculture, rappelle France Soir. Mais il semblerait que les industries agroalimentaires ne soient pas prêtes à réviser leurs pratiques. La crise de la vache folle n’aurait-elle servi à rien ?

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Par Matthieu DURAND le 17 juillet 2001 à 16:35
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