© INTERNEA Marseille, l’été, il n’est pas rare de voir les touristes jouer au ballon. Quand il s’agit de chercheurs, c’est plus surprenant. Depuis plusieurs semaines, 150 scientifiques français et étrangers lâchent des ballons-sondes dans le ciel de Provence pour y analyser la pollution dans l’atmosphère. Leur objectif : constituer une base de données qui servira, notamment, à améliorer les outils de prévention lors des pics de pollution.
Ozone en ligne de mire
La pollution
Baptisé Escompte, ce programme d’étude de la pollution atmosphérique est mené sous le patronage des ministères de l’Environnement et de la Recherche et de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Il mobilise des équipes françaises (CNRS, Météo France, Cnes, Inra, Ineris, EDF), européennes et nord-américaines. Ensemble, les scientifiques s’attachent à mesurer la pollution photochimique. Liée aux émissions d’oxyde d’azote et de composés organiques dues aux activités humaines, cette pollution se traduit par des niveaux élevés d’ozone et d’autres espèces toxiques pour l’homme et les végétaux. Forte chaleur, ensoleillement important et absence de vent favorisent des taux d’ozone élevés dans l’air, comme plusieurs villes françaises en ont connu il y a quelques semaines de cela. La région de Marseille-Berre, qui combine pollutions urbaine et industrielle sous un climat "propice", constitue une zone d’étude particulièrement intéressante, selon Pierre Durand, coordinateur scientifique adjoint du projet.
photochimique
se traduit par
des niveaux
élevés
d’ozone
Les analyses de l’air effectuées alimenteront une base de données. Celle-ci servira à développer des modèles informatiques reproduisant les phénomènes de pollution et qui permettront de mieux mettre en valeur les relations entre émissions polluantes, conditions météorologiques et niveaux de pollution mesurés en zone urbaine ou rurale. Autant d’informations qui permettront d’améliorer les prévisions de pollution et, par conséquent, les moyens de la réduire. Escompte aboutira également à la création d’un cadastre des émissions polluantes dans la région marseillaise. Les résultats seront disponibles d’ici 2003. Les amateurs d'air pur attendent avec impatience...
Air, mer, terre S’appuyant sur le réseau local de surveillance de l’air, les chercheurs utilisent une vaste palette de moyens complémentaires. Au sol, les mesures sont exécutées par des stations de surface, des ballons de radiosondage et par des instruments de télédétection (radars, sonars, lidars) mesurant les vents et le profil de l’ozone en altitude. Les analyses aériennes sont effectuées par six avions spécialement équipés et trente ballons plafonnants. Dotés d’une sonde, ces cylindres de six mètres de haut suivent les panaches de pollution entre 500 et 1.000 mètres d’altitude. Enfin, deux navires relèvent la présence de polluants en mer.
photo d'ouverture : L'avion de recherche atmosphérique et de télédétection utilisé pour l'opération Escompte (photo : Rémi Langereau / photothèque du CNRS)
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