© INTERNELa planète rouge reproduite sur le continent blanc. Depuis le début du mois de juillet, une équipe internationale de chercheurs a rejoint l’île canadienne de Devon, au-delà du cercle arctique. Sa mission : vivre et mener des expériences dans des conditions proches de celles qui existent sur Mars.
Exploration en scaphandres
Présentée par Libération dans son édition du 20 juillet, cette expédition polaire a été montée par Mars Society, un organisme qui vise à organiser des voyages habités vers la planète rouge. Six équipages de volontaires, la plupart issue de grandes agences spatiales, se relaient tous les dix jours dans un module d’habitation, baptisé F-Mars (Flashline Mars arctic research station). Ce campement cylindrique, "de six mètres de haut et autant de diamètre", donne sur le cratère de Haughton, "une vaste cuvette de 20 km de diamètre creusée par le fracas d’une astéroïde il y a 23 millions d’années", a expliqué à Libération Charles Frankel, un participant français, géologue et membre de Planète Mars, la section hexagonale de Mars Society.
"Les liaisons radio
Au F-Mars, indique le journal, "les liaisons radio avec le monde extérieur ont été retardées de 20 mn" (elles le sont de 40 entre Mars et la Terre) tandis que les communications personnelles sont limitées à des échanges d’emails, en soirées. Revêtus de scaphandres, les scientifiques passent leurs journées à explorer la région, à pied ou en véhicule tout-terrain, "en quête de spécimens géologiques et biologiques". Pour Robert Zubrin, patron de Mars Society, cité dans Libération, cette opération vise à tester et développer les techniques et les équipements indispensables à l’exploration martienne. Certes, les conditions de vie dans le Grand Nord sont beaucoup clémentes que sur la planète rouge : la température oscille entre 2° et 7°C contre –53°C en moyenne sur Mars ; les vents arctiques soufflent à 12 km/h tandis que leurs homologues martiens dépassent souvent les 200 km/h…
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et la Terre)
Gare aux ours amoureux
Francis Rocard, spécialiste du Centre national d’études spatiales (Cnes), a émis des réserves sur l’expédition, précise Libération. Il y voit "une opération de promotion de l’exploration humaine de Mars" mais n’exclut pas que les participants "découvrent des choses intéressantes". Reste que l’organisation d’expéditions vers Mars n’est pas à l’ordre du jour dans les agences spatiales : trajets trop longs et inconfortables, importante charge en carburant (aller et retour), séjour compliqué à organiser… Et, moins sérieusement, que faire face à d’éventuels autochtones ? Sur l’île de Devon, tout a été prévu : un chasseur inuit protège les participants… des ours ! "C’est la saison des amours et nos combinaisons sont blanches", a déclaré Charles Frankel à Libération.
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