Une expédition martienne se déroule... au pôle Nord

Par Matthieu DURAND , le 21 juillet 2001 à 07h00 , mis à jour le 20 juillet 2001 à 18h40

Dossier : Missions polaires

Une équipe internationale de chercheurs s’est installée au Nord du Canada pour y tester les conditions de vie sur Mars. Equipés de scaphandres et d’un véhicule tout terrain, ils explorent une région creusée par un astéroïde.

Eros NEAR sonde espace © INTERNE

La planète rouge reproduite sur le continent blanc. Depuis le début du mois de juillet, une équipe internationale de chercheurs a rejoint l’île canadienne de Devon, au-delà du cercle arctique. Sa mission : vivre et mener des expériences dans des conditions proches de celles qui existent sur Mars.

Exploration en scaphandres

Présentée par Libération dans son édition du 20 juillet, cette expédition polaire a été montée par Mars Society, un organisme qui vise à organiser des voyages habités vers la planète rouge. Six équipages de volontaires, la plupart issue de grandes agences spatiales, se relaient tous les dix jours dans un module d’habitation, baptisé F-Mars (Flashline Mars arctic research station). Ce campement cylindrique, "de six mètres de haut et autant de diamètre", donne sur le cratère de Haughton, "une vaste cuvette de 20 km de diamètre creusée par le fracas d’une astéroïde il y a 23 millions d’années", a expliqué à Libération Charles Frankel, un participant français, géologue et membre de Planète Mars, la section hexagonale de Mars Society.

"Les liaisons radio
avec le monde
extérieur ont
été retardées
de 20 mn"
(elles le sont
de 40 entre Mars
et la Terre)

Au F-Mars, indique le journal, "les liaisons radio avec le monde extérieur ont été retardées de 20 mn" (elles le sont de 40 entre Mars et la Terre) tandis que les communications personnelles sont limitées à des échanges d’emails, en soirées. Revêtus de scaphandres, les scientifiques passent leurs journées à explorer la région, à pied ou en véhicule tout-terrain, "en quête de spécimens géologiques et biologiques". Pour Robert Zubrin, patron de Mars Society, cité dans Libération, cette opération vise à tester et développer les techniques et les équipements indispensables à l’exploration martienne. Certes, les conditions de vie dans le Grand Nord sont beaucoup clémentes que sur la planète rouge : la température oscille entre 2° et 7°C contre –53°C en moyenne sur Mars ; les vents arctiques soufflent à 12 km/h tandis que leurs homologues martiens dépassent souvent les 200 km/h…

Gare aux ours amoureux

Francis Rocard, spécialiste du Centre national d’études spatiales (Cnes), a émis des réserves sur l’expédition, précise Libération. Il y voit "une opération de promotion de l’exploration humaine de Mars" mais n’exclut pas que les participants "découvrent des choses intéressantes". Reste que l’organisation d’expéditions vers Mars n’est pas à l’ordre du jour dans les agences spatiales : trajets trop longs et inconfortables, importante charge en carburant (aller et retour), séjour compliqué à organiser… Et, moins sérieusement, que faire face à d’éventuels autochtones ? Sur l’île de Devon, tout a été prévu : un chasseur inuit protège les participants… des ours ! "C’est la saison des amours et nos combinaisons sont blanches", a déclaré Charles Frankel à Libération.

 

e-TF1 n'est aucunement responsable du contenu des sites externes
pour lesquels elle offre des liens.

 

Par Matthieu DURAND le 21 juillet 2001 à 07:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience