© INTERNELe mot d'ordre de grève des gynécologues est maintenue dans les cliniques privées mais il pourrait bien être levé d'ici la fin du mois. C'est ce qu'il ressort de la rencontre d'hier entre le Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France (Syngof) et le ministre délégué à la santé, Bernard Kouchner. A l'issue de cet entretien de 3 heures, le secrétaire général du Syngof, Guy-Marie Cousin a déclaré "avoir bon espoir d'avoir des assurances suffisantes d'ici le 1er août pour pouvoir lever le mouvement de grève. Mais si le mot d'ordre est maintenue, "c'est parce que le ministre n'a pas aujourd'hui les fonds nécessaires pour satisfaire nos demandes", ajoute-t-il. Bernard Kouchner montre lui aussi son optimisme : "Je crois que nous nous sommes assez expliqué pour que la grève n'ait pas lieu".
Le fossé se creuse entre ville et campagne
Condition sine qua non du Syngof pour lever la grève : un soutien financier aux maternités privées. "Toutes les maternités doivent être dotées de moyens suffisants, martèle Jean Marty, secrétaire général adjoint du Syngof. On a jamais de certitude quant à l’issue d’un accouchement. Les maternités doivent assurer en toutes circonstances". Autre revendication : la rémunération des gardes. Car, dans le privé, les gardes ne sont pas rémunérées. Un accouchement de nuit ou de jour ne change rien pour le médecin. Il sera rémunéré de la même façon puisqu’il est payé à l’acte. Dans le public, en revanche, les gardes sont rémunérées, mais là les docteurs sont payés au forfait.
Bernard Kouchner et Elisabeth Guigou, ministre de l’Emploi et de la solidarité, ont annoncé la semaine dernière que les gardes des gynécologues, anesthésistes et pédiatres du privé, devront être payées à hauteur de 800 francs et ce, avant le 31 octobre 2001. Insuffisant, estime le Syngof. "Et cette proposition ne concerne que 41 maternités privées sur les 309 existantes, s’emporte le docteur Jean Marty. Les gardes ne seront payées que dans les grandes villes. Cela creuse encore plus le fossé entre la ville et la campagne". Bernard Kouchner, prudent, se dit "prêt à faire un geste".
De plus en plus de procès
L’obstétrique traverse une véritable crise. Manque de sage-femmes "qui gagnent 4000 francs de moins que dans le public en fin de carrière" selon Jean Marty ; augmentation des postes non pourvus (de 5133 postes aujourd’hui, on pourrait passer à 4035 en 2020) et surtout menace de plus en plus grande de procès. "Une année, j’ai eu 6 plaintes contre moi, se souvient Jean Marty. Heureusement, toutes ont fini en non-lieu. Mais c’est très marquant". D’autant que des enquêtes montrent que le risque juridique influe de plus en plus sur le choix de spécialité des étudiants en médecine. "Déjà qu’on a de moins en moins de médecins, constate Jean Marty. Il est à parier que les jeunes ne voudront plus pratiquer une activité dangereuse".
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