Un homme, pour quoi faire ?

Par , le 12 juillet 2001 à 13h58 , mis à jour le 11 juillet 2001 à 14h02

Procréer sans mâle, c'est possible. Pour les souris en tout cas. Une chercheuse australienne est parvenue à obtenir que des femelles se reproduisent grâce à l'intervention de cellules autres que celles provenant du sperme. Si les expériences se poursuivent, les mamans pourraient bien, à l'avenir, se passer de papas pour faire les bébés.

animaux laboratoire souris © INTERNE

Jusqu'à présent, Dieu s'était arrangé avec la nature pour que la procréation ne puisse se réaliser que si l'homme apportait des spermatozoïdes dans l'ovule de la femme. Mais c'était sans compter les prouesses scientifiques ! Depuis quelques années déjà, différents procédés ou techniques ont été mis au point - insémination artificielle, mère porteuse... - pour pallier les défaillances de l'un ou de l'autre membre du couple. Mais il y a avait toujours besoin d'un homme. Et d'une femme.

Le Dr Orly Lacham-Kaplan de l'université Monash de Melbourne en Australie, va encore plus loin… En se passant toute simplement de l'homme. Selon les conclusions de son étude scientifique, qu'elle vient de rendre publique, ces messieurs seront peut-être bientôt inutiles pour faire des enfants.

Une souris tombe enceinte sans sperme

Après deux années de travail, cette scientifique est parvenue à obtenir que des souris femelles procréent grâce à l'intervention de cellules autres que celles provenant du sperme de souris mâle. Elle estime dans ces conditions qu'il est théoriquement possible qu'une cellule provenant de n'importe quelle partie du corps humain, y compris de celui d'une autre femme, puisse être utilisée pour fertiliser un ovule. Cependant, le Dr Lacham-Kaplan pense qu'il faudra encore au moins un an pour savoir si cette technique révolutionnaire sera suffisamment sûre et sans risque pour l'enfant, y compris en ce qui concerne sa capacité future à se reproduire.

Une solution pour les couples de lesbiennes

Cette technique pourrait permettre à des couples de lesbiennes d'avoir leur propre enfant biologique, a-t-elle encore affirmé. "Pour moi, il est important que cette technique soit sûre et sans danger, et j'aimerais la voir utilisée pour aider des couples stériles", a-t-elle toutefois précisé. Cette scientifique a commencé à développer cette technique après avoir passé des années à travailler avec des hommes stériles. "Je sais qu'il y a beaucoup d'hommes qui veulent désespérément avoir leur propre enfant biologique et qui ne le pourront pas dans l'état actuel des techniques", a-t-elle souligné.

Cette découverte a aussitôt déclenché un débat dans la communauté scientifique internationale. Pour le secrétaire de l'Association de la famille australienne, le docteur Bill Muehlenberg, cette nouvelle technique fait "très peur" et elle pourrait provoquer des anomalies génétiques.

Par Alexandra Guillet le 12 juillet 2001 à 13:58
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