© INTERNEJean-Claude Puget est pneumologue et directeur du Centre de traitement des affections respiratoires (CTAR), à Paris. Avec 18.000 consultations par an, ce centre est le plus important de France dans son domaine. Contacté par tf1.fr, le docteur Puget tient à relativiser l’impact sur la santé des pics de pollution.
Les risques sanitaires
- Chez les personnes "saines" :
"Quand le taux d’ozone est très élevé, ce qui n’est pas le cas en ce moment puisque le niveau de pollution ne dépasse pas le niveau 1 d’information, la pollution peut entraîner des irritations oculaires ou nasales et aggraver l’asthme."
- Chez les asthmatiques :
"20% d’entre eux diminuent leur fonction ventilatoire de 4%. Cette baisse est passagère et peu grave, car l’organisme s’adapte rapidement. Le risque est beaucoup plus important lorsque les asthmatiques sont confrontés au tabagisme, actif ou passif, et à d’autres types de pollution provoqués par des cuisinières au gaz ou des barbecue, par exemple."
- Chez les personnes âgées :
"Elles sont quasiment insensibles à la pollution car leurs voies respiratoires sont figées. En revanche, elles sont beaucoup plus sensibles à la canicule."
- Chez les enfants :
"C’est une population peut-être un tout petit peu plus sensible aux aggravations de gênes respiratoires."
Les précautions à prendre
"Il faut éviter de faire du sport à 14 heures, en plein soleil ! Bien entendu, il faut boire beaucoup. Les personnes souffrant d’insuffisances cardiaques doivent consulter leur médecin pour vérifier leur taux de sodium et de potassium : en général, les régimes sans sel stricts et la prise de diurétiques peuvent entraîner des complications du fait de la chaleur, mais pas de la pollution. Quand aux asthmatiques, ils doivent bien prendre leurs médicaments matin et soir. Or, un tiers des 20% d’asthmatiques plus sensibles à la pollution oublient de le faire", indique Jean-Claude Puget.
"Depuis six ans, nous n’avons pas constaté, au Centre, d’afflux significatif de malades lors des pics de pollution. En revanche, l’afflux est notable quand ces pics interviennent pendant une période d’épidémie virale. C’est souvent le cas en hiver", ajoute-t-il. Et de conclure avec malice : "La seule épidémie que je constate en ce moment, c’est une épidémie de… journalistes, qui viennent m’interviewer sur les risques sanitaires de la pollution !" Que les lecteurs se rassurent, cette épidémie n’est pas contagieuse.
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