Sale temps pour le climat à Bonn

Par M. D. , le 19 juillet 2001 à 07h00 , mis à jour le 18 juillet 2001 à 18h45

La conférence de Bonn sur le réchauffement climatique s’enlise. Les ministres de l’Environnement de 180 pays sont arrivés jeudi pour relancer les négociations. Les écologistes fustigent la ligne dure adoptée par le Japon, le Canada et l’Australie.

climat2 environnement © INTERNE

Toujours pas d’éclaircie à la conférence de Bonn sur le climat. Les hauts fonctionnaires des 180 pays représentés, qui menaient des négociations à huis clos depuis lundi, ont passé le relais jeudi aux ministres de l'Environnement. A cette étape de la réunion, les discussions semblent bloquées, à tel point qu’une réunion plénière de l'ensemble des pays participants, prévue mardi soir, a été annulée.

Un échec "pas exclu"

Le ministre allemand de l'Environnement, Juergen Trittin, "n'a pas exclu" mercredi un échec des négociations, qu'il a qualifiées d'"extrêmement difficiles mais constructives". Refusant "toute renégociation des objectifs chiffrés" de réduction d'émissions imposés par le protocole de Kyoto, il a souligné que l'Union européenne s'était montrée disposée à aider les pays qui avaient des difficultés à respecter leur objectif de Kyoto, en acceptant une prise en compte "strictement limitée" des "puits de carbone" (absorption des gaz à effet de serre par les forêts et les terres agricoles). Mais toute solution à des problèmes de respect des objectifs doit être trouvée "dans le cadre du protocole" et ne doit pas empêcher de "véritables réductions d'émissions". "Nous n'accepterons pas des réductions apparentes qui en réalité n'en seraient pas", a-t-il averti.

Japon, Canada et Australie montrés du doigt

Japon, Canada
et Australie
"s'emploient
à tuer
le protocole
en coulisses"

Les organisation écologistes dénoncent, quant à elles, la "ligne dure" adoptée par le Japon, le Canada et l'Australie, qu’elles accusent de faire le jeu des Etats-Unis. Ces trois pays "formulent des propositions inacceptables pour les autres pays. Ils s'emploient à tuer le protocole en coulisses", a déploré Jennifer Morgan du WWF.

Le protocole de Kyoto, adopté en 1997, qui fixe des objectifs chiffrés de réduction d'émission de gaz polluants pour les pays riches, a été dénoncé en mars dernier par le président américain George Bush. Les règles de ratification du protocole rendent indispensable l'adhésion du Japon. Mais Tokyo laisse planer le doute sur son soutien au protocole. Le Japon, "tire avantage de sa position clé pour exiger des concessions inacceptables (large recours aux "puits de carbone", NDLR) de l'Union européenne, exerçant un véritable chantage", a estimé Bill Hare, en charge du climat à Greenpeace international. Les organisations écologistes ne se font aucune illusion sur la possibilité d'un retour américain dans le protocole de Kyoto, et souhaitent que les autres pays aillent de l'avant seuls pour fixer les règles concrètes d'application de Kyoto.

Par M. D. le 19 juillet 2001 à 07:00
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