L'Institut Alfred Fournier en danger

Par Laurence BOURDOULEIX , le 01 septembre 2001 à 12h37 , mis à jour le 31 août 2001 à 12h54

La plus vieille institution de lutte contre les MST vit peut-être ses dernières semaines. Fondé en 1923, ce centre clinique est une association reconnue d’utilité publique. A la fois centre biologique et clinique, c’est le seul établissement de ce type en France.

Institut Alfred Fournier © INTERNE

L’an dernier, l’Institut Alfred Fournier a accueilli plus de 60 000 patients de la région parisienne dans son département de dépistage anonyme et gratuit et a réalisé 30 000 tests VIH. Aujourd’hui il est au bord du dépôt de bilan et devra fermer si les pouvoirs publics ne lui viennent pas en aide très rapidement. Une des principales raisons tient dans la particularité de cet établissement. En tant qu’association, il vit de ses fonds propres.

L’actuel président du conseil d’administration Jean Sammut avoue des erreurs, financières notamment : "au fil des années nos fonds propres ont fondus, créant un fossé entre les rentrées et les sorties d’argent. Certes nos problèmes financiers ne datent pas d’hier mais ils ont augmenté depuis la création de notre laboratoire de biologie médicale et la refonte complète de notre dispositif informatique. Nous avons investi 3,5 millions de francs pour être en mesure de travailler correctement avec la Sécurité sociale. Hélas, nous n’avions plus assez de fonds en réserve. Il y a quelques années, nous avions déjà alerté les pouvoirs publics, mais on ne nous prenait pas au sérieux puisque nous continuions à fonctionner. Je reconnais un certain endormissement sur nos soucis financiers."

Pour espérer sortir la tête de l’eau, l’Institut a besoin d’une aide de 3 millions de francs et tente de mobiliser la municipalité de Paris, la DGAS (Direction général d’action sanitaire), la Caisse d’assurance maladie..

Recrudescence des MST

Pour le docteur Didier Jayle, clinicien à Fournier "à une période où les MST sont en recrudescence, où l’exclusion est toujours d’actualité, il paraît inconcevable de se dire que cet Institut emblématique ferme définitivement. Le public n’est pas conscient que nous sommes en réel danger. Nous avons une clientèle spécifique composée de beaucoup d’exclus et notre action sociale est largement reconnue. A ce jour, aucune structure parisienne ne peut absorber nos patients".

"Pour le moment aucun plan social n’a été entrepris. Les collaborateurs qui sont partis l’ont fait d’eux-mêmes par crainte de l’avenir. Si nous arrivons à décrocher un ballon d’oxygène, nous nous recentrerons sur nos activités premières, le dépistage anonyme et gratuit, la prévention, les soins" conclut Jean Sammut.

Un comité de soutien est en train de se monter, Agnès b., Guy Bedos en font déjà partie.

Par Laurence BOURDOULEIX le 01 septembre 2001 à 12:37
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