© INTERNEAu-delà de son programme de clonage humain, le docteur italien Severino Antinori est surtout connu pour proposer ses services aux personnes souffrant d’infertilité. Au cours de l’été 2000, un couple de Français lui a rendu visite dans sa clinique de Rome. Ils ont contacté la rédaction de tf1.fr pour témoigner des méthodes "surprenantes" du docteur Antinori.
La piste italienne
"Je m’appelle Paul (les prénoms ont été changés pour respecter l’anonymat des témoins, NDLR), j’ai 42 ans. Je suis cadre dans une entreprise privée. Ma compagne, Josepha en a 48. Nous nous connaissons depuis cinq ans et vivons en couple depuis deux ans. Nous voulions avoir un enfant, ou plusieurs. Ma compagne a déjà eu quatre enfants lors de son précédent mariage. Ses cycles menstruels sont réguliers mais, étant donné son âge, elle a souhaité faire stimuler ses ovaires. Son gynécologue traitant a refusé, ainsi que d’autres confrères, pour des raisons légales (voir encadré, NDLR). Finalement, au printemps 2000, un spécialiste nous a parlé d’un professeur italien qui aidait les couples dans notre cas."
Paiement cash
"Renseignements pris sur Internet, j’ai téléphoné à la clinique du docteur Antinori pour prendre rendez-vous. Une de ses collaboratrices, parlant le français, m’a indiqué que la consultation durerait une demi-journée et coûterait 2.800 francs, à payer en argent liquide. J’ai trouvé cela surprenant mais nous avons décidé de nous rendre à Rome en juillet."
Accueil froid
"Elle est |
Honte et larmes
"Pour le spermogramme (prélèvement de sperme, NDLR), on m’a conduit dans une petite pièce à carreaux rouges. Il n’y avait ni film X, ni magazine. L’ambiance ne m’a pas aidé à avoir une érection et je suis ressorti sans pouvoir donner mon sperme. Ma compagne est allée passer une échographie. Deux hommes jeunes et une femme, parlant tous français, étaient présents. Ils ne se sont pas présentés. L’un d’entre eux lui a fait un toucher vaginal qui a duré 20 minutes, en présence de ses deux collègues. Puis le docteur Antinori les a rejoint pour un court instant. Il a juste dit : "Elle est bonne ! Elle peut encore avoir dix enfants !". Tout ceci était plutôt froid. En sortant, Josepha s’est mise à pleurer. Elle avait honte. Personne n’est venu la réconforter ou lui proposer un café. Nous sommes retournés en salle d’attente. Un quart d’heure plus tard, le professeur Antinori nous a reçu."
La suite du témoignage sera mise en ligne vendredi
Le don d'ovocytes est strictement encadré en France tf1.fr a recueilli le commentaire de Guy-Marie Cousin, gynécologue qui travaille dans un centre de fécondation in vitro (FIV), à St-Herblain (Loire-Atlantique) : "Lorsqu’une femme n’ovule pas correctement, on peut procéder à une induction d’ovulation en lui donnant des hormones hypophysaires, naturelles, pour stimuler ses ovaires. C’est le principe de la fécondation in vitro. On peut également recourir à une donneuse d’ovocytes. En France, la Sécurité sociale impose des règles de bonne conduite : on n’essaie pas d’obtenir une grossesse par FIV au-delà de 43 ans et seules quatre FIV sont remboursées. Mais un couple a récemment engagé une action de justice contre ces principes et a obtenu gain de cause." Très peu de donneuses d'ovocytes "Toujours est-il qu’en France, la loi de Bioéthique est très stricte. Une donneuse d’ovocytes doit accepter de subir un traitement par induction puis un prélèvement d’ovules, ce qui est beaucoup plus compliqué qu’un don de sperme. Il y a donc très peu de donneuses pour une forte demande. Les centres de FIV accordent la priorité aux femmes jeunes ou à celles qui n’ont plus d’ovaires pour des raisons médicales. Les couples confrontés à des problèmes de reproduction pour des questions d’âge sont peu nombreux : les centres de FIV en reçoivent 200 par an, au maximum. Certains d’entre eux sont prêts à tout et très vite pour avoir un enfant. Ils se font souvent plumer. D’autres, plus raisonnables, se dirigent progressivement vers l’adoption." |
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