© INTERNERien de plus dangereux pour un élevage de poulets qu’un virus ou une bactérie, susceptible de contaminer toutes les bêtes et de provoquer une hécatombe – voire de contaminer des êtres humains qui viendraient à consommer de la viande d’animaux malades. Ce fut notamment le cas, en 1997, en Chine puis à Hong-Kong, où la fameuse épidémie de "grippe du poulet" avait décimé des élevages entiers. Moins spectaculaires, mais plus fréquentes, les salmonelles figurent aussi parmi les principales menaces sanitaires qui pèsent sur les élevages.
Seule parade à l’heure actuelle : l’utilisation massive d’antibiotiques. Une solution limitée, puisqu’elle ne protège que des bactéries… Mais Audrey McElroy, une scientifique de l’université de Virginie (
Virginia Tech), est persuadée que d’autres possibilités existent. Elle s’est d’ores et déjà attaquée au problème des salmonelles. Selon elle, pour éviter aux poulets tout risque de contamination, il suffit de… les nourrir au piment, tout simplement. Une conclusion tout à fait sérieuse, qui découle d’une observation culinaire : dans de nombreux pays, le piment est utilisé comme condiment et sert à tuer les bactéries qui pourraient se trouver dans la viande. Pourquoi pas, alors, tenter d’immuniser les poulets par le même moyen ?Au menu des poulets : maïs, soja… et piment
Pour démontrer les bienfaits du piment, la scientifique a décidé de suivre l’élevage de 1.530 jeunes poulets, qu’elle a soumis à un régime à base de maïs, de soja et de capsaicine – une protéine présente dans le piment et responsable de son goût épicé. Elle leur a ensuite inoculé des salmonelles. Elle a ainsi pu observer que les volailles nourries à la capsaicine développaient une résistance aux bactéries. Une explication possible de ce bienfait inattendu du piment : selon Audrey McElroy, la capsaicine provoquerait une inflammation des parois des intestins, stimulant ainsi leurs défenses immunitaires. Les bactéries ne pourraient dès lors plus franchir la barrière des intestins pour se répandre dans le sang de l’animal.
Ces premiers résultats expérimentaux devront encore être suivis par de nouvelles expériences en laboratoires, de manière à mieux comprendre l’action de la capsaicine. Si elles sont concluantes, peut-être pourrons-nous manger un jour des poulets "vaccinés" au piment… Mais que les consommateurs au palais sensible se rassurent : le goût de la volaille n’en est nullement modifié.
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