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Le médecin italien Severino Antinori a passé son "grand oral". Devant la prestigieuse Académie nationale des sciences américaine, à Washington (Etats-Unis), celui que l’on surnomme "Docteur Folamour" a présenté à une trentaine de scientifiques reconnus son programme de clonage humain. La secte des Raëliens, qui poursuit un objectif identique, a également expliqué son projet.
La technique du docteur Antinori
Le docteur Antinori a détaillé la procédure qu’il emploiera. Destinée uniquement à "aider les couples stériles", elle sera la même que celle utilisée pour la brebis Dolly (voir encadré). Mais cette méthode sera raffinée: le noyau sera inséré successivement dans plusieurs ovocytes pour aboutir à un "reclonage" afin de laisser plus de temps au processus de reprogrammation génétique et diminuer les risques de malformations. L'enfant qui naîtra devrait être en principe une copie génétiquement identique de l'un des deux parents. Le Dr Antinori s'est dit confiant de pouvoir produire un bébé en bonne santé. Un "diagnostic pré-implantatoire" sera réalisé afin de s'assurer que "le foetus ne présente pas d'anormalités", a-t-il dit.
Selon la presse
Son collaborateur, le Dr Panayiotis Zavos, un andrologue grec chypriote naturalisé américain qui dirige une clinique de traitement de la stérilité à Lexington (Kentucky), a dévoilé que les préparatifs en vue de cette tentative de clonage étaient sur les rails. "Nous avons actuellement deux laboratoires dans lesquels nous travaillons", a-t-il confié sur la chaîne Fox News. Il s'est dit peu préoccupé par l'interdiction totale du clonage humain que le Congrès américain est sur le point d'adopter, car ces laboratoires ne se trouvent pas aux Etats-Unis. Selon la presse italienne, l'expérience se déroulera dans un pays méditerranéen non identifié.
italienne,
l'expérience
se déroulera
dans un pays
méditerranéen
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Scientifiques horrifiés
Quasi unanimes, les scientifiques ont fait part de leur réaction horrifiée face à cette tentative. La technique du clonage, ont-ils rappelé, connaît des taux d'échec de 95 à 97% chez les animaux. "Fausses couches, naissances prématurées ou malformations sont très courantes chez les animaux clonés. On devrait s'attendre aux mêmes échecs pour le clonage humain", a prévenu le "père" de la brebis Dolly (premier animal cloné, en 1997), le scientifique écossais Ian Wilmut, du Roslin Institute d'Edimbourg.
Selon Rudolf Jaenisch, spécialiste du clonage animal à l'Institut Whitehead de recherche biomédicale, la cause de ces problèmes réside probablement dans une reprogrammation erronée du génome lors du clonage, ce qui entraîne une expression anormale des gènes de l'animal lors de son développement. Le problème, a-t-il souligné, est que cette reprogrammation erronée n'entraîne pas d'altérations génétiques ou chromosomales. Il est donc pratiquement impossible de détecter une quelconque malformation génétique au stade pré-implantatoire ou à celui du foetus.
Le clonage en 4 étapes 1) Une cellule (de peau par exemple) est extraite d’un homme pour être mise en culture. |
photo d'ouverture : Severino Antinori (AFP)
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