Courrier et maladie du charbon : que faire ?

Par Matthieu DURAND, le 19 octobre 2001 à 07h00 , mis à jour le 18 octobre 2001 à 18h20

Le Haut comité français pour la défense civile a mis en ligne sur son site Internet quelques consignes simples à respecter devant un courrier suspect. L’important est de ne pas céder à la panique et de ne pas déranger inutilement les services de secours.

Anthrax molecule © INTERNE

La psychose du "courrier piégé" se répand en France. Contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis, à l’heure actuelle en France, aucune lettre ou colis suspect ne s’est révélé porteur de la maladie du charbon (anthrax en anglais). Reste que l’angoisse demeure et les fausses alertes se multiplient. Afin d’aider la population à faire face à ce type de menace, le Haut comité français pour la défense civile (HCFDC) préconise quelques précautions à prendre et consignes à respecter en présence d’un courrier douteux. Ces informations, dont tf1.fr vous présente l’essentiel, sont disponibles sur le site Internet du Haut comité.

Ne pas céder à la panique

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HCFDC :
consignes de sécurité

Afssaps : fiches de prise
en charge thérapeutique

Ministère de la Santé :
le plan Biotox

 

Avant tout, le HCDFC se veut rassurant. Les poudres trouvées dans des enveloppes suspectes, en France comme à l’étranger, ne présentaient très généralement aucun danger pour la santé. Il s’agissait, précise le Haut comité, de talc ou de lessive en poudre. "Il ne faut donc pas céder à la psychose ou à l’angoisse, qui désorganise la société et risque de saturer inutilement, par de fausses alertes ou des canulars, les services de secours", écrit l’organisation. Néanmoins, afin de prendre en compte la menace réelle que représente ce type de terrorisme, le public est invité à être vigilant.

Comment repérer un courrier suspect ?

Un courrier suspect présente plusieurs caractéristiques susceptibles d’attirer l’attention, parmi lesquels :

  • une erreur sur le nom du destinataire, ou sur sa fonction.
  • de nombreux adhésifs ou des ficelles
  • une adresse d’expédition inconnue, inhabituelle ou absente
  • des mentions restrictives ("personnel", "confidentiel"...)
  • des taches ou décolorations apparentes

"N’ouvrez pas ces courriers sans avoir pris quelques mesures simples de protection", avertit le HCFDC. "En cas de suspicion forte sur un courrier précis, isoler la pièce (fermer portes et fenêtres, stopper la ventilation) et prévenir les services de secours" en indiquant, dans ce cas, que le risque n’est pas immédiat. Surtout, ces derniers ne doivent être prévenus qu’en cas de menace avérée et vérifiée : présence détectée d'une substance suspecte au travers d'une lettre ou d'un paquet ou lors de son ouverture, insiste le Haut comité.

Consignes de sécurité

En présence d’une poudre douteuse, indique le HCFDC, il faut "retenir au maximum sa respiration afin d'éviter d'inhaler des spores de charbon" puis :

  • poser délicatement la lettre ou le paquet sur un meuble le plus proche
  • faire sortir l’ensemble des personnes présentes de la pièce
  • isoler la pièce en fermant portes et fenêtres et en arrêtant la ventilation et le chauffage.
  • empêcher toute personne d’accéder aux locaux pouvant avoir été contaminés
  • se (et faire) laver immédiatement les mains qui ont été en contact avec le courrier ou le paquet en utilisant de l’eau de javel dilué (15 % environ)
  • mettre des gants (de soins en latex ou autre ou de ménage caoutchoutés)
  • placer très délicatement l'enveloppe et les vêtements contaminés dans un sac en plastique (type sac de congélation) que l'on ferme.
  • appeler les secours (sapeurs-pompiers)

Sur son site Internet, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) ajoute également ces mesures :

  • prendre une douche en utilisant du savon et en évitant l’eau trop chaude et les brossages ; faire un shampooing
  • en cas d’exposition cutanée directe visible, laver la zone contaminée en utilisant localement un produit antiseptique sporicide/bactéricide puis rincer
  • placer les vêtements contaminés dans un sac en plastique et le fermer de façon étanche.

Après avis des services de secours, les surfaces contaminées et les sols pourront être nettoyés à l'eau de javel. Dans quelques cas, la désinfection des locaux peut être préconisée. Selon Ken Alibek, ancien chercheur soviétique vivant aujourd’hui aux Etats-Unis, il suffit de repasser une lettre avec un fer à vapeur et un morceau d'étoffe humide pour éliminer d'éventuels bacilles du charbon, rapporte l’agence Reuters. "Pourquoi pas ?", s’est amusé Michel Curé, général de l’armée française à la retraite et président du conseil scientifique du HCFDC. "Mais cela dépend de ce que contient la lettre", a-t-il déclaré à tf1.fr, en précisant qu’il faut chauffer le produit à plus de 100°C pour se débarrasser des spores. "Je ne suis pas sûr qu’il existe dans le commerce un fer à vapeur pouvant atteindre cette température", ajoute le général Curé.

A l'attention des professions médicales

Dans le cadre du plan Biotox, le ministère de la Santé a mis en place un numéro vert à l’attention des professionnels de la santé. Ces derniers peuvent également consulter des fiches de prises en charge thérapeutique sur le site Internet de l’Afssaps.

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Par Matthieu DURAND le 19 octobre 2001 à 07:00
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