Espace : Aurora, un programme "Apollo" européen

Par Jean-François HAIT, le 18 octobre 2001 à 07h00 , mis à jour le 17 octobre 2001 à 17h59

A l’occasion de la Fête de la science, du 15 au 21 octobre, le site Ciel et Espace s’associe à tf1.fr pour vous présenter Aurora, l’ambitieux programme d’exploration du système solaire conçu par l’Agence spatiale européenne.

mars planète espace crédit photo: Ciel et Espace © INTERNE

Un astronaute européen foulera-t-il le sol lunaire ou martien en 2020 ? L’Agence spatiale européenne (ESA) y réfléchit via son programme d’exploration du système solaire. Nom de code : Aurora. La route est longue pour convaincre les Etats du Vieux continent de financer ce projet colossal.

La lune comme terrain d’entraînement

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Alors que les autorités américaines ambitionnent d’envoyer des astronautes sur Mars d’ici dix à vingt ans (voir encadré), quelle est la stratégie européenne dans le domaine de l’exploration spatiale ? L’ESA peut compter sur une solide expérience spatiale acquise grâce à des missions scientifiques couronnées de succès (ISO, XMM…), à des programmes ambitieux en préparation (Rosetta, Bepi-Colombo et Mars Express, un projet d’exploration martienne automatique) et, enfin, grâce à seize astronautes et à une pratique du vol habité, notamment de longue durée, en collaboration avec les États-Unis et la Russie. Manquait un souffle, une stratégie globale. Bref, un programme Apollo européen.

Celui-ci vient peut-être de voir le jour. En mai dernier, lors d’un colloque d’exobiologie qu’elle organisait à Frascati (Italie), l’Agence spatiale européenne a révélé l’existence d’Aurora. Ce programme aux contours encore flous doit définir les objectifs de l’Europe en matière d’exploration planétaire. "Aurora concerne la condition humaine plus que la science fondamentale, explique David Southwood, le nouveau directeur des programmes scientifiques de l’ESA. La question est : faut-il explorer ? et quoi ?" Quelques objectifs sont déjà identifiés : les géocroiseurs (ces astéroïdes dont l’orbite frôle celle de la Terre), la Lune, comme terrain d’entraînement, et Mars, bien sûr. Tout cela avec une forte thématique "vie", que ce soit celle des astronautes envoyés dans l’espace ou celle qui se cache peut-être dans le sol de la planète rouge.

Un programme ambitieux… donc coûteux


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Une première mouture d’Aurora sera soumise au conseil des ministres des États membres de l’agence européenne, qui doit se tenir en novembre à Édimbourg (Royaume-Uni). "Le feu vert pour lancer un programme préparatoire à l’exploration du Système solaire, laquelle inclut un possible vol habité vers Mars, pourrait être donné dès novembre", affirme David Southwood. Si c’est le cas, il y aura beaucoup d’étapes jusqu’à la réalisation. Pour entamer des études préliminaires, l’ESA compte d’abord demander 20 à 40 millions d’euros (130 à 260 millions de francs) aux ministres, sur trois ans. Après, le budget pourrait s’accroître jusqu’à atteindre 100 millions d’euros (655 millions de francs) par an. Là, les États membres, déjà engagés dans la station internationale, risquent de renâcler. Et ce n’est encore rien comparé aux moyens nécessaires à l’envoi, d’ici 10 à 20 ans, d’un astronaute vers la Lune, Mars ou ailleurs. "Cela coûtera des milliards d’euros. C’est une question de volonté", conclut David Southwood.

Certes, mais pour que celle-ci se fasse jour, Aurora devra, comme Apollo il y a quarante ans, trouver un soutien fort de la communauté scientifique, donner des garanties de retombées industrielles importantes et susciter un vrai enthousiasme populaire.

Une femme sur Mars en 2020 ?

Le 8 juin dernier, dans un discours aux nouveaux élèves du Massachusetts Institute of Technology, fameuse pépinière de cerveaux américaine, Daniel Goldin, le patron de la Nasa, faisait une envolée visionnaire : "Dans dix à vingt ans, un vaisseau spatial se posera, une porte s’ouvrira, une échelle sortira et le monde entier regardera une astronaute vêtue de blanc avec un drapeau américain cousu sur l’épaule descendre et fouler de sa botte le sol de poussière rouge de Mars." C'est un scoop : le premier homme sur Mars sera une femme. Mais pas de précipitation, mesdames, aucune annonce officielle n’a encore été effectuée. L’ambition américaine en matière de conquête de l’espace est claire : envoyer un "homme" sur Mars.

 photo d'ouverture : Mars (crédit : Ciel et Espace)

Par Jean-François HAIT le 18 octobre 2001 à 07:00
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