La croissance démographique menace l’environnement

Par M. D., le 07 novembre 2001 à 11h55 , mis à jour le 07 novembre 2001 à 12h11

Un rapport de l’ONU souligne l’impact de l’essor démographique mondiale sur l’environnement. Certaines espèces, végétales et animales, sont vouées à disparaître. La solution passe par la planification des naissances et l’éducation à une meilleure gestion des ressources naturelles.

terre environnement © INTERNE

La croissance démographique mondiale risque d’avoir des effets néfastes sur l’environnement. Dans son rapport 2001, publié mercredi sous le titre "Population et changement environnemental", le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) tire le signal d’alarme.

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La Terre abritera 9,3 milliards d’habitants en 2050, soit une hausse de 50% réalisée principalement dans les pays en développement. Ces derniers représenteront alors 85% du total mondial tandis que les pays développés se maintiendront au niveau actuel d'1,2 milliard d'habitants. Entre 1985 et 1995, la croissance démographique de 64 des 105 pays en développement a augmenté plus vite que leur production vivrière. La pénurie suscite généralement des pratiques agricoles néfastes pour l'environnement (déforestation, cultures et élevage intensifs) qui à leur tour dégradent les sols et réduisent les récoltes.

60.000 espèces végétales (1/4 du total mondial) devraient ainsi disparaître au profit de nouvelles variétés "à haut rendement exigeant engrais et pesticides spécialisés, qui risquent de perturber l'équilibre écologique et de créer de nouveaux problèmes". Le rapport cite également les stocks mondiaux de poissons dont 69% sont déjà "surpêchés, épuisés ou en voie de lente reconstitution", le réchauffement de la planète de 5,8°C au cours de ce siècle si le volume des émissions de dioxyde de carbone ne diminue pas, avec une montée des mers de 50 cm assortie de tempêtes, inondations et déplacements de populations.

Les pays développés montrés du doigt

Le Fonds préconise donc des programmes d'information "intégrés" qui conjuguent systématiquement la formation à la planification des naissances et l'éducation à une gestion des ressources respectueuse de l'environnement local. Freiner la croissance démographique réduira mécaniquement le nombre des futurs pollueurs et aidera à respecter les plafonds d'émissions envisagés par le protocole de Kyoto, commente le rapport. Actuellement 20% de la population mondiale, essentiellement dans les pays développés, produit 63% des émissions de gaz à effet de serre. La population des Etats-Unis ne représente que 4,6% de la population mondiale, mais elle devrait progresser de 56% d'ici 50 ans… or ce pays a réaffirmé le 2 novembre, à Marrakech leur hostilité au protocole de Kyoto.

Lors de la conférence internationale sur la population et le développement de 1994 au Caire, les Etats s'étaient engagés à financer des programmes intégrés à hauteur de 17 milliards de dollars par an d'ici à 2000, et de 20 milliards ensuite, compte tenu de la croissance démographique. Les pays en développement, qui devaient en financer les 2/3, ont pratiquement rempli leur engagement alors que les pays développés n'ont acquitté que 50% de leur part", a souligné la directrice pour l'Afrique du FNUAP, Fama Hane Ba, qui a présenté mardi le rapport à Paris.

25 millions de "réfugiés écologiques"

On comptait 25 millions de "réfugiés écologiques" dans le monde en 1998, un chiffre plus élevé, pour la première fois, que celui des réfugiés fuyant un conflit, affirme le rapport 2001 du FNUAP. Les déplacements de population après des catastrophes naturelles ne sont pas un phénomène récent. Ce qui est nouveau, c'est le risque d'assister à de vastes mouvements de population résultant de la combinaison de plusieurs facteurs : épuisement des ressources, destruction irréversible de l'environnement et croissance démographique. De plus, les populations qui fuient une catastrophe écologique ou un conflit provoquent à leur tour des dommages importants à l'environnement, comme les réfugiés rwandais en Tanzanie en 1994, en faisant la cueillette du bois de feu, en taillant des poteaux, en braconnant les réserves de gibier et en mettant la terre abusivement en culture. Les pays développés versent 8 milliards de dollars par an (1/7e de l'aide étrangère au développement) pour aider les réfugiés, indique le FNUAP.

Par M. D. le 07 novembre 2001 à 11:55
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