Les ouragans pourraient devenir de plus en plus intenses

Par Matthieu DURAND, le 06 novembre 2001 à 07h00 , mis à jour le 21 septembre 2005 à 16h00

La violence de l?ouragan Michelle n?est pas exceptionnelle, affirment deux experts français à tf1.fr. Et pourtant, des études montrent que ces phénomènes climatiques pourraient devenir de plus en plus intenses à l'avenir. Explications.

ouragan michelle cyclone météo caraïbe (NOAA/AFP) © INTERNE

Après avoir ravagé l'Amérique centrale, où il a tué au moins douze personnes et fait des milliers de sans-abri, l'ouragan Michelle s'est abattu dimanche sur Cuba puis lundi sur les Bahamas. Son intensité, bien réelle, doit cependant être relativisée, affirment deux experts français.

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Les cyclones tropicaux regroupent deux types de phénomènes météo : les tempêtes tropicales et les ouragans. Dans ce dernier cas, la vitesse du vent dépasse alors les 117 km/h. La naissance d'un ouragan est liée à "la formation de gros amas de nuages d'orages, dans la zone de convergence intertropicale, à peu près au niveau de l'équateur", explique à tf1.fr Michel Desbois, directeur de recherche au CNRS, au Laboratoire de météorologie dynamique, en région parisienne. Quand ils rentrent dans une région où la température de l'océan est supérieure à 28°C, ces amas s'enroulent et se transforment en ouragan. "Plus ils s'éloignent de l'équateur, plus ils sont soumis à la force de rotation de la Terre et plus ils prennent de la puissance", ajoute le chercheur.

La violence de l'ouragan Michelle ne doit pas faire illusion. Certes, c'est l'ouragan le plus intense qui a frappé Cuba depuis 50 ans mais sa médiatisation, outre son caractère dévastateur, tient aussi au fait qu'il risquait de toucher les Etats-Unis, prévient Michel Desbois. Autre explication : "statistiquement, Cuba connaissait un déficit d'ouragans de classe 4 (sur une échelle de 5, voir article lié, NDLR) par rapport à d'autres îles de la région, comme Porto Rico, Haïti ou la Jamaïque. C'était quasiment une anomalie", précise à tf1.fr Roland Mazurie, responsable de la prévision au centre de Météo France en Guadeloupe. Reste que "des projections, partant du principe que le taux de CO2 serait multiplié par deux dans 50 ans — une thèse tout à fait plausible, montrent que les cyclones ne seraient pas plus nombreux mais plus intenses", révèle le météorologue.

Une seule arme : la prévision

Pour anticiper la trajectoire des ouragans, des prévisions sont élaborées par différents centres météorologiques dans le monde. Ils s'appuient sur des observations effectuées par satellites, radars, voire avions explorateurs. "Les données font ensuite l'objet d'une modélisation informatique afin de connaître l'évolution de l'ouragan dans les deux à trois jours suivants. Au delà, les incertitudes sont trop grandes", indique Roland Mazurie. Pour la zone Caraïbe, le centre météorologique américain de Miami fait autorité (dans l'Océan Indien, c'est le centre de Météo France à La Réunion).

Agir sur de tels phénomènes est impossible, affirme Roland Mazurie en balayant le principe d'une poudre tueuse d'ouragans (voir article lié). Dans les années 70, le projet "Storm Fury" visait à éliminer des cyclones au large de l'Afrique en y injectant de l'iodure d'argent mais les résultats ne se sont pas avérés efficaces. "Surtout, des simulations ont montré que les cyclones transportent de l'énergie accumulée dans les tropiques vers les régions tempérées. Supprimer les 70 à 100 cyclones qui se produisent annuellement dans le globe auraient rendu les régions tropicales plus chaudes et plus humides et les régions tempérées plus froides", conclut Roland Mazurie. Une preuve de plus qu'on ne joue pas impunément avec la nature.

Le 14ème ouragan dans l'Atlantique

"En moyenne, il y a 9 à 10 cyclones -tempêtes ou ouragans- recensés dans la zone Atlantique/Caraïbe. Cette année, alors que les experts américains en annonçaient 11 ou 12, on en est à notre 14ème phénomène, dont huit ouragans. Le dernier en date, baptisé Noël, a pris naissance lundi dans l'Atlantique Nord, entre New York et les Açores. Il se dirige vers Terre Neuve, où il devrait se transformer en dépression", explique Roland Mazurie.

photo d'ouverture : l'ouragan Michelle le 2 novembre 2001 (NOAA/AFP)

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Par Matthieu DURAND le 06 novembre 2001 à 07:00
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