© INTERNELe gratin de la communauté spatiale internationale s’est retrouvé mardi dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, à Paris, pour célébrer les 40 ans du Centre national des études spatiales (Cnes).
Gare à la vassalisation
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Ouvrant le colloque baptisé "Cnes, 40 ans de futurs, quel avenir pour l’Espace ?", Jacques Chirac a rappelé "le long chemin parcouru par la communauté spatiale française" depuis 1961, la France ne disposant alors que de fusées-sondes tirées du Sahara. Le chef de l’Etat a souligné deux des buts du Centre, "comprendre l’Univers et aménager l’espace proche de la Terre pour le bien de l’humanité", qu’il devait atteindre par "une recherche scientifique et une technologie fortes" et par l’organisation de coopération avec d’autres agences spatiales.
Avec Galileo, l'Europe
se positionne
Jason-1, la nouvelle
sentinelle des océans
"Les Etats-Unis consacrent six fois plus d'argent public au secteur spatial que ne le fait l'Europe", a également relevé le Président. "Ne pas réagir conduirait immanquablement nos pays à une vassalisation scientifique et technique puis naturellement industrielle et économique", s’est-il inquiété. Les relations franco-américaines ont d’ailleurs été au cœur des interventions. L’un des invités de marque était Daniel Goldin, administrateur de la Nasa de 1992 à 2001, qui s’est déclaré "fier" d’avoir accueilli à bord des navettes américaines "au moins 50% des spationautes français" qui sont allés dans l’espace. Il a affirmé qu’Ariane avait obligé la Nasa à progresser et déclaré au public hilare qu’avec le récent lancement de Jason, satellite franco-américain (voir encadré ci-contre), "faster, better, cheaper is coming to France ! Hurrah !" (1)
Main dans la main avec l'industrie
Se désignant comme un "pionnier de l’aventure spatiale", l’industriel Jean-Luc Lagardère a rendu hommage au Cnes, qui a permis de créer une industrie européenne de haute technologie. "Dès le début, nous nous sommes appuyés sur le tissu industriel, avec lequel nous entretenons des relations constructives", a confirmé à tf1.fr Gérard Brachet, directeur général du Cnes. Jean Peyrelevade, président du Crédit Lyonnais, a néanmoins nuancé : "L’espace n’est pas à chaque fois la meilleure solution" face aux technologies au sol.
Lionel Jospin, qui a clos la manifestation (cohabitation oblige !), a quant à lui insisté sur l’espace "au service des sociétés humaines". Télécommunications, télémédecine, prévisions météorologiques… les technologies spatiales constituent un "outil important de l’aménagement du territoire", selon le Premier ministre. "L’espace est une très belle illustration de ce que l’Europe peut faire lorsqu’elle unit et organise ses efforts", a-t-il ajouté, saluant le "rôle d’entraînement (…) décisif" de la France, "premier contributeur de l’Esa" (Agence spatiale européenne).
(1) "Le travail plus rapide, de meilleure qualité et moins cher arrive en France ! Hourrah !"
Galileo : quand l’Europe spatiale patine Tous d’accord. Jacques Chirac, Lionel Jospin, Jean-Luc Lagardère, Jean-Claude Gayssot, ministre des Transports, Roger-Gérard Schwartzenberg, ministre de la recherche et Antonio Rodota, directeur général de l’Esa, ont déploré mardi que le projet Galileo, visant à créer un système concurrent au GPS américain (voir article lié), pourtant accepté par l’Esa, soit bloqué pour des "raisons politiques". Les pressions américaines ont été dénoncées ainsi que le manque de volonté de certains Etats membres. |
photo d'ouverture : Ariane 5 (AFP)
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