Les symptômes des vétérans du Golfe à l'étude

Par Matthieu DURAND, le 08 décembre 2001 à 07h00 , mis à jour le 07 décembre 2001 à 15h46

La France va lancer en février une enquête épidémiologique exhaustive auprès des civils et militaires qui ont pris part à la guerre du Golfe. tf1.fr a recueilli la réaction de la secrétaire générale d’Avigolfe, une association d’aide aux victimes.

Guerre du Golfe : la confusion © INTERNE

Une enquête épidémiologique exhaustive va être lancée début février auprès de tous les civils et militaires français qui se sont trouvés sur le théâtre des opérations pendant la guerre du Golfe, entre août 1990 et février 1991. Le but de cette enquête, commanditée par les ministères de la Défense et de la Santé et réalisée par l'équipe du Pr. Salamon (Inserm), est de recenser les personnes exposées à des risques sanitaires pendant ce conflit et de déterminer les possibles conséquences de ces risques sur leur santé.

Des civils aussi…

A l'origine, c'est l'Association pour les victimes civiles et militaires de la guerre du Golfe (Avigolfe), créée en juin 2000, qui avait dénoncé l'existence de multiples pathologies chez les vétérans de la Guerre du Golfe. En 18 mois d'existence, Avigolfe a recensé une trentaine de décès et 263 cas médicaux, qui vont de la maladie cutanée à la lésion cérébrale ou au cancer. Ces derniers mois, une vingtaine de plaintes contre X ont été déposées par des vétérans ou par leurs familles, dans l'espoir de faire la lumière sur les causes de ces pathologies apparues après des missions dans le Golfe.

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n'était pas toxique ?

 

Sur le web

Le site d'Avigolfe

Le site de l'Inserm

 

 

"La France est le premier pays de l’alliance à lancer une enquête exhaustive, que nous demandions depuis longtemps, pour connaître le nombre de morts, de malades, de cancéreux… Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont toujours refusé, multipliant des enquêtes disant tout et son contraire", explique à tf1.fr Christine Abdelkrim-Delanne, secrétaire générale d'Avigolfe. "En dehors du service de santé des Armées, les autorités militaires n’ont toujours pas donné les listes complètes des personnels civils et militaires présents dans le Golfe. Car, sans parler des populations sur place, il y avait des civils, notamment des salariés de Thomson, recrutés par une filiale de l’entreprise basée à Guernesey. Ils étaient détachés auprès des armées française et saoudienne. Certains d’entre eux ou leurs veuves sont adhérents de l’association", précise-t-elle.

Pas de "syndrome du Golfe"

Selon Christine Abdelkrim-Delanne, "d’un point de vue scientifique, il n’y a pas de ‘syndrome du Golfe’. Il existe en revanche des pathologies et des symptômes dont on peut présumer qu’ils sont la conséquence de la présence reconnue de facteurs toxiques" : "uranium appauvri, agents toxiques de combat, toxicité chimiques (fumée des puits de pétrole en flammes), pesticides, pyridostigmine et virgyl", précise Avigolfe sur son site Internet. "Ce que nous voulons, c’est faire reconnaître les effets à court, moyen et long termes de ces substances toxiques", affirme la secrétaire générale. Pour l'instant, l'armée ne reconnaît pas l'imputabilité de ces pathologies à la présence sur le terrain, ni aux risques sanitaires identifiés pendant la guerre du Golfe.

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Par Matthieu DURAND le 08 décembre 2001 à 07:00
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