© INTERNELa dépouille de Saartjie Baartman, détenue par le musée de l’Homme à Paris, devrait retourner sur ses terres ancestrales, en Afrique du Sud. C'est en tout cas le but visé par une proposition de loi que les députés devraient approuver aujourd'hui.
"Histoire pathétique"
"L'histoire de Saartjie Baartman est pathétique", prévient le sénateur des Yvelines Nicolas About (RI), dans la proposition de loi dont il est l’auteur. Née en 1789 dans l’actuelle Afrique du Sud, cette jeune femme était dotée d’une anatomie propre à certaines femmes Khoïsan (ethnie appelée à l'époque Hottentot) : postérieur très saillant, dit stéatopyge ou callipyge, que l'on retrouve sur certaines statuettes de vénus de l'art paléolithique, et "tablier" génital (dit "tablier hottentot") dû à une hypertrophie exceptionnelle des petites lèvres de sa vulve.
Le moulage du corps
de S. Baartman,
conservé au Musée
de l'Homme (AFP).
"Dignité retrouvée"
Depuis 1994, les représentants de l'ethnie Gricqua, membre du peuple Khoïsan, puis les autorités sud-africaines veulent voir restitués ces restes pour pouvoir les inhumer dignement dans la terre natale de la jeune femme. Mais comme sa dépouille fait partie du patrimoine national français, seule une loi peut autoriser son départ. Celle-ci doit être votée aujourd'hui pour la plus grande joie du sénateur About. Pour ce dernier, le retour en Afrique du Sud de la dépouille de Saartjie Baartman sera vécu "comme le symbole de la dignité retrouvée d'un peuple".
Contactée par tf1.fr, Brigitte S. Mabandla, vice-ministre de la culture sud-africaine, s’est déclarée "très heureuse et très excitée" par cet "acte de magnanimité et de solidarité". Elle a félicité les parlementaires français, qualifiant le sénateur About "d’homme bon".
Pour en savoir plus sur Saartjie Baartman, lire :
- L'énigme de la Vénus hottentote, de Gérard Badou, éd. Jean-Claude Lattès, 2000
- L'hippopotame et le philosophe (chap. XX), de Théodore Monod, éd. Actes Sud, 1993.
photo d'ouverture : détail du moulage du corps de Saartjie Baartman, réalisé en 1815 et conservé au Musée de l'Homme, à Paris (AFP).
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