Lundi matin, un astéroïde a frôlé la Terre

Par Matthieu DURAND, le 08 janvier 2002 à 12h00 , mis à jour le 08 janvier 2002 à 12h22

D’un diamètre de 300 mètres, l’astéroïde YB5 a croisé la Terre dans la matinée de lundi. S’il n’y avait aucun risque de collision, l’astéroïde n’a été détecté qu’il y a dix jours de cela. Autant dire que les délais étaient trop courts pour faire face à un tel danger.

On l’a échappé belle. Hier à 8h37, heure française, l’astéroïde 2001 YB5 s’est approché à 830.000 km de la Terre, soit à peu près deux fois la distance de la Terre à la Lune, indique Le Figaro dans son édition du 8 janvier. Une distance qui, à l’échelle du système solaire, représente "la très proche banlieue terrestre", précise le journal.

Détection tardive

Sur le web

CNRS : la simulation
de collision
entre astéroïdes

 

 

Si YB5 ne figurait pas sur une route de collision avec la Terre, sa détection tardive, le lendemain de Noël, par un télescope de la Nasa à Hawaï a provoqué des sueurs froides. Les délais étaient beaucoup trop courts pour pouvoir parer au danger de ce "géocroiseur" (1) de 300 mètres de diamètre. Lancé à plus de 110.000 km/h, "en cas d’impact sur Paris (…) YB5 aurait provoqué une dévastation totale à 150 km à la ronde, et des dégâts graves sur 800 km plus loin !", prévient Le Figaro.

Un objet céleste de 200 mètres de diamètre frappant la Terre dégagerait une énergie équivalente à 30 bombes nucléaires comme celle lancée sur Hiroshima. Et une météorite de 1 km de diamètre ferait disparaître 25% des espèces vivantes sur notre planète. Selon une étude de Thimothy Flannery publiée dans la revue Science du 23 novembre dernier, rappelle Le Figaro, il y a 65 millions d’années, un astéroïde de 10 km de diamètre tombé dans le Yucatan (Mexique) aurait ainsi provoqué la disparition des dinosaures et de la plupart des mammifères de cette zone.

Priorité aux simulations

"Le phénomène des géocroiseurs est de plus en plus courant, notamment parce qu’on est de plus en plus capable de les détecter. Néanmoins, leur nombre reste constant", explique à tf1.fr Patrick Michel, chercheur au CNRS, à l’Observatoire de Nice. "Tous les 100 millions d’années, un objet de 10 km de diamètre entre en collision avec la Terre", ajoute-t-il. Que faire face à ce risque bien réel ? C’est une question que se posent aujourd’hui les scientifiques. La priorité consiste à développer des simulations de collision, insiste Patrick Michel, qui travaille lui-même sur le sujet. "Une collision pulvérise d’abord les corps. Les fragments vont ensuite générer une attraction gravitationnelle et former un agrégat. Mais nous sommes bien loin de comprendre la réaction à l’impact d’un objet", affirme-t-il.

Il faut avant tout estimer l’énergie provoquée par l’impact de deux corps avant d’envoyer une sonde dans l’espace pour faire dévier la trajectoire du "croiseur de Terre", insiste le chercheur. Une déviation qui semble plus raisonnable que la destruction de l’astéroïde par des charges nucléaires, laquelle créerait une multiplication de fragments… qui risqueraient de retomber sur Terre. "Le problème est avant tout politique. Si un astéroïde vient vers nous, quel sera le temps de réaction des Etats ? qui fabriquera la sonde ? qui prendra la responsabilité de la doter de charges nucléaires ?", s’interroge Patrick Michel. Sans pouvoir apporter de réponses.

(1) Corps célestes dont l’orbite croise celle de la Terre

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Par Matthieu DURAND le 08 janvier 2002 à 12:00
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