© INTERNELe Zyban, médicament annoncé comme miracle contre le tabac, est vite devenu plus célèbre pour ses effets secondaires supposés que pour son efficacité. Maux de tête, insomnies, troubles digestifs, dépressions… la rumeur a multiplié les désagréments associés à la prise de cette nouvelle molécule.
6.975 troubles rapportés
Un nouveau rapport de la Medicines Control Agency (MCA), agence de contrôle des médicaments britanniques, n'arrange pas les choses. En Grande Bretagne, le Zyban est disponible depuis novembre 2000 et a été prescrit à plus de 500.000 personnes. Sur ce demi-million de patients, 6975 ont reporté des troubles qui pourraient être associés à la prise du Zyban, explique le rapport : urticaire, insomnie, bouche sèche, dépression, constipation, malaises, on en trouve 24 sortes.
Surtout, le rapport explique que 57 personnes ayant pris du Zyban sont décédées, mais précise aussitôt que rien ne peut prouver que le médicament soit responsable de leur mort : "Dans la majorité des cas, la condition physique et les problèmes de santé des individus peuvent aussi expliquer leur décès, explique le rapport. 14 d'entre eux ne prenaient plus de Zyban quand ils sont morts".
"Dommage d'axer la médiatisation sur ces décès"
Le Zyban est-il vraiment dangereux ? Cette annonce ne risque-t-elle pas de faire paniquer alors que rien n'est prouvé ? "Il faut se méfier", estime Anne Castot, chargée de la coordination des Vigilances à l'AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé). "Il est dommage d'axer la médiatisation sur ces décès, qui dans 80% des cas sont arrivés à des personnes présentant des risques cardiovasculaires. Il y a beaucoup d'autres choses plus importantes à dire aux gens, ne serait-ce que la prise de Zyban implique un suivi du médecin". Cette médiatisation déplacée est due, selon elle, à une volonté de "transparence" : "il n'est pas dit que nous ne serons pas amenés, un jour, à le faire. Le cas anglais était un peu particulier : le médicament a été mis sur le marché là-bas plus d'un an avant la France, et leur politique de contre-indication est plus laxiste".
En France, la vigilance est de mise : "dès la sortie du Zyban , l'Afssaps a prévenu qu'elle serait très vigilante. Nous le surveillons : à l'heure actuelle, sur 130.000 prescriptions, nous avons reçu 300 notifications d'effets indésirables. Ces effets étaient attendus, et ils ne nous inquiètent pas vraiment", explique Anne Castot.
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