© INTERNEQuatre scientifiques, trois Français (un géochimiste et deux physiciens) et un Britannique (médecin spécialiste des problèmes sanitaires liés aux éruptions volcaniques), sont arrivés lundi après-midi à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC). A la suite de l’éruption du volcan Nyiragongo, ils se sont joints au dernier moment à une délégation emmenée par les ministres français et britannique des Affaires étrangères, Hubert Védrine et Jack Straw, dans le cadre d’une tournée officielle, prévue de longue date. Les quatre chercheurs se rendront sur le site du volcan pendant une semaine.
Des fissures de 10 km de long
Citant le volcanologue français Jacques Durieux actuellement sur place, Jean-Louis Cheminée, physicien, responsable des laboratoires volcanologiques de l’Institut de physique du globe (IPG) de Paris, a rappelé à tf1.fr les étapes de l’éruption volcanique : "tout a commencé par une activité assez forte dans le cratère du volcan : des rougeoiements, une sismicité importante et des ouvertures de fissures d’où sont parties des coulées de lave". Situées sur les 2/3 inférieurs du volcan, ces ouvertures sont très importantes : "elles atteignent 10 km de long et 200 m de large, provoquant des rejets de 1 m de hauteur", ajoute le physicien rapportant les observations de Jacques Durieux. Ce dernier a constaté un phénomène curieux : les projections de lave n’ont laissé aucun dépôt aux évents (lieux d’origine des coulées). "Les coulées sont sorties complètement dégazées", explique Jean-Louis Cheminée, ce qui signifie que le flanc du volcan est complètement fracturé.
Pas de récoltes avant des millénaires
La dernière éruption du Nyiragongo, en 1977, avait donné lieu à des coulées de lave filant à 100 km/h mais qui s’étaient arrêtées avant la ville de Goma. "Cette année, les coulées, moins fluides, se répandent à une vitesse de 200 m/h, permettant heureusement l’évacuation de la population. A 100 km/h, le nombre de victimes et les dégâts auraient été considérables", constate Jean-Louis Cheminée. La vie peut-elle reprendre à Goma ? A l’heure actuelle, la sismicité reste très importante. La lave refroidie est devenue de la roche. " Il est toujours possible de la niveler à coup de bulldozer, comme le font les Italiens près de l’Etna. Mais il faudra des millénaires avant que les habitants puissent faire des récoltes", prévient-il.
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