Des bébés contre le cancer du sein

Par Matthieu DURAND, le 14 février 2002 à 10h52 , mis à jour le 14 février 2002 à 11h06

Une chercheuse de l'Inserm montre que la maternité tôt et répétée a un "effet protecteur" contre le cancer du sein. Les femmes n'en bénéficient pas de la même façon selon qu’elles sont ménopausées ou non.

bébé maternité enfant © INTERNE

Les femmes ayant eu une puberté tardive et qui sont devenus mères tôt et à plusieurs reprises sont mieux "protégées" contre le cancer du sein. Ce sont les résultats qui ressortent d’une enquête menée à l’Institut Gustave Roussy par Françoise Clavel-Chapelon, chercheuse à l’Inserm (unité 521 Epidémiologie des cancers).

Effet protecteur et ménopause

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L’étude, publiée cette semaine dans le British journal of cancer, porte sur 100.000 femmes nées entre 1925 et 1950 (voir encadré). En dix ans, 1.718 d’entre elles ont développé un cancer du sein. La chercheuse a ainsi mis en évidence "l’effet protecteur" de trois facteurs : avoir une puberté tardive, devenir mère jeune et avoir plusieurs enfants. "L’intérêt de l’enquête est également de souligner que cet effet n’est pas le même chez les femmes pré-ménopausiques et chez les post-ménopausiques (respectivement avant et après la ménopause, NDLR)", a indiqué à tf1.fr Françoise Clavel-Chapelon.

Ainsi, la protection augmente de 7% par année d’âge de puberté chez les femmes pré-ménopausiques, contre 3% chez les autres. Concernant les femmes ayant eu plusieurs enfants, cet effet protecteur s’accroît de 9% par naissance supplémentaire chez les pré-ménopausiques et de 2% chez les post-ménopausiques.

Pas de panique

Est-ce à dire que les femmes qui ont été pubères à onze ans et qui n’ont pas d’enfant doivent faire l’objet d’un plus ample suivi médical ? "Traduire ces résultats en terme de prévention serait trop compliqué", prévient la chercheuse, qui tient à éviter tout effet de panique. D’ailleurs, les risques de développer un cancer du sein sur la base de ces facteurs ne sont pas élevés, rassure-t-elle. Et de préciser que l’étude vise avant tout à "mieux comprendre les mécanismes de cancérisation".

Dix ans d’enquête

Depuis dix ans, 100.000 femmes nées entre 1925 et 1950, choisies parmi les adhérentes de la Mutuelle générale de l’Education nationale, font l’objet d’un suivi de leur état de santé. L’objectif est d’étudier les facteurs de risques de cancer du sein à travers trois grands aspects : la vie reproductive, qui constitue l’objet de la présente étude, l’alimentation et la prise de traitements hormonaux. Ces deux derniers aspects sont en cours d’analyse.

Par Matthieu DURAND le 14 février 2002 à 10:52
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