© INTERNEAu printemps dernier, le président américain avait semé la consternation dans de nombreux pays, y compris proches des Etats-Unis, en rejetant le protocole de Kyoto sur le réchauffement climatique (voir article lié). Un protocole pourtant signé par les Etats-Unis et dont les modalités d'application ont été approuvées par 170 pays à Marrakech. George W. Bush avait estimé qu'il porterait atteinte à l'économie américaine et reprochait à cet accord d'imposer des contraintes aux seuls pays industrialisés.
Les objectifs du plan de rechange américain viseront à "ralentir, puis stopper la croissance des émissions de gaz nocifs et, si les études scientifiques le justifient, à les diminuer". Le gouvernement américain a tenu à lier les objectifs de réduction des gaz à effet de serre à la production économique nationale. Le plan fera appel au civisme écologique de l'industrie et des consommateurs. Ils seront tout de même encouragés à recourir aux énergies renouvelables via des incitations fiscales d'un montant de 4,6 milliards de dollars. Le budget 2003 contiendra également quelque 4,5 milliards de crédits pour toute une série d'activités liées au climat, une augmentation de 700 millions de dollars par rapport au budget 2002.
"Affligeant" et "inadéquat"
La Maison Blanche a assuré que cette approche "basée sur l'économie de marché" permettra de "stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à long terme, tout en maintenant la croissance économique nécessaire pour financer des infrastructures énergétiques plus propres". Toujours selon la Maison Blanche, elle permettra de réduire les émissions de gaz polluants de 500 millions de tonnes (-18%) au cours des dix prochaines années, "un objectif comparable à la moyenne des progrès requis" par le protocole de Kyoto. Cette approche constituera "une nouvelle voie sur l'environnement pour l'Amérique, qui bénéficiera au monde entier", a déclaré George W. Bush.
Au contraire, pour Steve Sawyer, l'un des experts de Greenpeace, "autant qu'on puisse le voir, il n'y a aucune mesure contraignante dans ce plan qui, de ce fait, n'a guère de chances de produire des résultats". Quant au Fonds mondial pour la nature (WWF), il a estimé vendredi dans un communiqué que le plan du président Bush est "une réponse affligeante et inadéquate au problème". En France, le ministre de l'Environnement, Yves Cochet, a appelé l'Union européenne à "apporter une réponse ferme, rapide et coordonnée aux autorités américaines", jugeant "utile de rappeler aux Etats-Unis leur responsabilité en matière d'émissions de gaz à effet de serre".
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