Pompiers de Paris et de New York : même combat !

Par Matthieu DURAND, le 14 février 2002 à 07h00 , mis à jour le 13 février 2002 à 18h27

Interrogé par tf1.fr, le commandant Kerdoncuff explique la portée du jumelage signé entre les pompiers de Paris et ceux de New York. Un partenariat reposant sur la solidarité mais aussi les échanges d’expériences.

logo jumelage pompiers Paris New York © INTERNE

tf1.fr a demandé au commandant Jacques Kerdoncuff, commandant à la Brigade des sapeurs pompiers de Paris (1), d’évoquer la teneur du jumelage signé vendredi dernier avec les pompiers de New York.

tf1.fr : Le jumelage entre les pompiers de Paris et ceux de New York prévoit des échanges techniques. De quoi s’agit-il exactement ?

Sur le web

Le site des
pompiers de Paris

Le site des
pompiers de
New York

Jacques Kerdoncuff : Nous n’en sommes qu’aux prémices mais nous allons étudier, pour nous en inspirer, le type de matériels que les pompiers de New York utilisent, leurs tactiques d’interventions, leur organisation sur le terrain mais aussi leurs campagnes de recrutement car nous allons recruter 800 hommes chaque année jusqu’à 2007. Or, nous avons beaucoup de mal à attirer les jeunes. Tout ceci s’intègre dans le plan de modernisation des pompiers de Paris, annoncé fin 2001.

tf1.fr : Y a-t-il des différences dans vos méthodes d’intervention ?

J. K. : Les pompiers de New York interviennent lors de catastrophe, de feu ou d’explosion mais le secours aux victimes relève des "paramedics", le Samu local. Le 11 septembre, les personnes qui ont été extraites des tours ont été emmenées directement aux urgences, lesquelles se sont vite trouvées engorgées. Nous, nous nous occupons à la fois des interventions, des secours et des soins. Lors d’une catastrophe, nous organisons un "hôpital de campagne" sur le terrain. Un médecin fait le tri entre les blessés graves et légers, pratiquant d’éventuelles opérations sur place, comme sur le quai du RER lors de l’attentat de St-Michel. Un autre médecin affecte les victimes aux hôpitaux en fonction de leurs disponibilités et de leur spécialisation chirurgicale. Les Américains s'intéressent à cette organisation, appelée "le plan rouge" - un plan sous le commandement unique du Préfet de police.

tf1.fr : Les pompiers new yorkais ont la réputation d’intervenir en force…

J. K. : Oui mais ils n’ont pas le choix, du fait de la conception de la ville et des bâtiments. Là-bas, les zones résidentielles sont constitués de pavillons en bois : un incendie peut se propager très rapidement aux maisons mitoyennes. En France, les pavillons sont en briques ou en béton. Quant aux buildings américains, ils sont moins bien conçus pour résister au feu que les immeubles français. Toute construction d’immeubles à Paris est validée par notre bureau de prévention : 10% du coût d’un immeuble français est consacré à la sécurité, c’est beaucoup !

tf1.fr : Avez-vous le sentiment d'être aussi populaires que vos homologues new yorkais ?

J. K. : Un journaliste du New York Times m'a dit qu'avant le 11 septembre, les New Yorkais accordaient peu d'attention à leurs pompiers. Aujourd'hui, ce sont des héros ! A Paris, nous sommes victimes de notre succès : nous recevons 4.500 appels par jour qui donnent lieu à 1.200 interventions quotidiennes. Nous renvoyons les autres appels vers des plombiers, des serruriers, des garagistes... Les Parisiens ne se rendent pas compte du travail que nous effectuons.

Pompiers de Paris

Pompiers de New York

Effectifs

7.000

11.500

Zone d'intervention

Paris et les trois départements de la petite couronne

New York (superficie équivalente à la zone couverte par les pompiers de Paris)

Nombre de pompiers pour 1.000 habitants

1,1

1,7

Nombre d'interventions annuelles

449.000 (en 2001)

451.000 (en 1998)

(1) Organisation militaire, la brigade des sapeurs pompiers de Paris (BSPP) constitue le plus important corps de pompiers en Europe.

photo d'ouverture : le logo officiel du jumelage (Pompiers de Paris).

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Par Matthieu DURAND le 14 février 2002 à 07:00
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