© INTERNE"Avec cet atlas, nous apportons deux preuves des mensonges des autorités". Roland Desbordes, le président de la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (CRIIRAD), est catégorique. Interrogé par tf1.fr au moment de la publication de l’"Atlas sur la contamination", il affirme que les autorités françaises ont sous-estimé les retombées de l’explosion de la centrale ukrainienne.
Premier mensonge démonté, selon la CRIIRAD : "nous démontrons définitivement qu’on a menti aux Français en leur faisant croire que le territoire avait été épargné par le nuage. Ce n’est bien sûr pas un scoop. Tout le monde l’admet désormais".
"Valeurs fausses"
Surtout, Roland Desbordes explique que les autorités ont "considérablement sous-évalué le degré de contamination". Dans la ligne de mire de la CRIIRAD : une étude publiée en 1999 par l'Institut de
protection et de sûreté nucléaire (IPSN). A sa lecture, la Direction de la sûreté des installations nucléaires concluait "qu’au regard des doses estimées, l’influence des retombées est restée en dessous d’un niveau qui aurait pu susciter une réaction justifiée sur un plan sanitaire".
L'Atlas qui dénonce-
"Les valeurs indiquées dans ce bilan étaient, à notre avis, complètement fausses" lance la CRIIRAD. Elle a donc décidé d’effectuer dans la foulée ses propres mesures. Pour arriver à des résultats totalement différents, dont les plus représentatifs sont mis en exergue dans l’Atlas. "Nous démontons point par point la façon dont les autorités se sont efforcées –et s’efforcent encore- pour sous-évaluer la réalité de la contamination".
L’IPSN réfute bien sûr ces accusations. Didier Louvat, chef du laboratoire de radio-écologie, qui a réalisé l’étude, fait tout d’abord remarquer que ses "travaux ont été effectués en 1997 à partir des données de 1986. Certains de nos résultats nous semblaient très incohérents. Nous avons donc continué nos recherches. Et depuis, nous avons amélioré notre expertise. Aujourd’hui, nous arrivons à des chiffres très proches et très semblables à ceux de la CRIIRAD". Pour Annie Sugier, directrice de la protection de l’IPSN, "il n’y a donc pas matière à polémique".
Transmission à la justice
La CRIIRAD a néanmoins décidé de transmettre sa publication à la justice. Un juge parisien enquête en effet sur une plainte déposée par 200 malades de la thyroïde, qui estiment que leur problème de santé est dû au passage du nuage radioactif et à leur non-prise en charge au plan médical. "C’est désormais un élément clé du dossier. Je suis persuadé qu’il y a eu impact sanitaire. Mais, pour le prouver, il faut des arguments scientifiques. Nous les produisons aujourd’hui" conclut Roland Desbordes.
POUR ALLER PLUS LOIN
L'IPSN
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