Tout savoir sur la vie sexuelle en France

Par Matthieu DURAND, le 06 février 2002 à 07h00 , mis à jour le 05 février 2002 à 18h31

Une chercheuse s’est intéressée aux relations sexuelles pratiquées en France. Sans tabous, ni faux-semblants, elle met à nu hétéros, gays et bisexuels et dresse un portrait de la France intime.

couple © INTERNE

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur les relations sexuelles telles qu’elles sont vécues en France. Hétérosexuelles, homosexuelles ou bisexuelles, ces pratiques ont fait l’objet d’une enquête (1) menée par Janine Mossuz-Lavau, directrice de recherche au Centre d’études de la vie politique française (Cevipof). En la matière, "la normalité n’existe pas : seule règne la diversité", prévient CNRS Info, qui présente dans son numéro de février 2002 les principaux enseignements de ces travaux.

La découverte du sexe

Chez les hétérosexuels, hommes comme femmes, perdre sa virginité constitue surtout une "formalité" dont il convient de "se débarrasser", sauf chez "les femmes musulmanes qui arrivent vierges au mariage". Homosexuels et lesbiennes s’initient au sexe… avec un homme, une expérience vécue avec souffrance par ces dernières, qui se conforment ainsi au modèle dominant avant de vivre pleinement leur différence. Plus joyeuse est la découverte du sexe chez les bisexuelles, qui connaissent "l’illumination en découvrant la possibilité des échanges avec les deux sexes", précise la revue scientifique.

Partenaires multiples

En matière de
pratiques sexuelles,
la normalité
n’existe pas

Pour les enquêtés, le nombre de partenaires "varie de 1… à plus de 3.000 !", relève CNRS Info. Vantardise ou pas, les hommes ont connu plus de partenaires que les femmes. Ils évoquent d’ailleurs fréquemment "la présence d’un impérieux désir sexuel à satisfaire le plus vite possible". Les femmes dissocient "moins aisément l’affectif de la relation physique" et sont moins attirées par des "partenaires d’une nuit". La fidélité reste un concept relatif selon les individus et leurs pratiques sexuelles.

En hausse : le sexe à plusieurs

"Le cheminement caresses, masturbation, fellation/cunnilingus, pénétration semble former le parcours classique en France", note la revue du CNRS. A noter la progression de certaines pratiques. La sodomie séduit plus les hétérosexuels de sexe masculin que leurs partenaires féminines, qui disent éprouver de la souffrance physique lors de cet acte. "Quant aux homosexuels, tous ne s’y livrent pas". Autre "boom", celui des relations sexuelles à plusieurs, qui se traduit par le succès des boîtes échangistes et des backrooms gays. La masturbation attire surtout les hommes. Globalement, même si les femmes revendiquent le droit au plaisir, elles "semblent préférer faire l’amour avec de l’amour", précise la revue.

Protection insuffisante

"La prévention a encore bien des progrès à faire", à en juger par le nombre d’avortements et de contaminations par le VIH relevé par l’auteur. La pilule et le préservatif rebutent encore beaucoup de personnes. Les relations sexuelles reposent, parfois à tort, sur la confiance. Parmi les entraves à l ‘épanouissement sexuel, Janine Mossuz-Lavau évoque la violence et le poids de la religion, notamment catholique et musulmane. Enfin, l’étude souligne "une meilleure tolérance de la société française vis-à-vis de l’homosexualité, malgré une homophobie persistante".

(1) L’étude, réalisée sur la base d’entretiens, sera publiée en mars 2002, aux éditions de La Martinière (480 pages, 20 €), sous le titre La vie sexuelle en France.

Par Matthieu DURAND le 06 février 2002 à 07:00
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