© INTERNELe moindre souci vous mine ? Vous avez le trac dès que plus de deux personnes vous écoutent ou vous observent ? Vous ne pouvez pas prendre l’avion ou entrer dans un ascenseur ? Vous ne supportez pas les insectes ? Vous avez la phobie des microbes ? Alors, le livre Petites angoisses et grosses phobies (1) vous passionnera. Les dessins humoristiques de Muzo s’associent avec bonheur aux explications et conseils de Christophe André, médecin-psychiatre qui dirige l’unité spécialisée dans la thérapie des troubles anxieux à l’hôpital parisien de Sainte-Anne.
tf1.fr : Les angoisses, manies ou phobies que vous décrivez sont très répandues. A partir de quand, peut-on parler de pathologies ?
Christophe André : Tout est question de seuil. L’anxiété et la peur sont des dimensions normales chez l’être humain, elles ont un sens : attirer notre attention sur un problème pour y faire face. Ce n'est donc pas leur existence qui pose problème mais l’intensité et la place excessive que l'anxiété et la peur peuvent prendre. Comme un système d’alarme mal réglé, qui n’invente pas les dangers mais les amplifie à l’extrême.
tf1.fr : Avec cet ouvrage, à la fois sérieux et drôle, vous avez voulu dédramatiser ces problèmes…
C. A. : L’humour, que pratiquent d’ailleurs les anxieux, peut être un outil thérapeutique. Avec Muzo, nous avons aussi voulu faire un livre pratique car l’anxiété est enracinée dans la vie quotidienne. Donner des pistes de réflexion et des conseils concrets, c’est, selon nous, rendre service aux gens.
tf1.fr : Justement, que faire face à une situation d’angoisse ?
C. A. : Se poser des questions de bon sens. Les anxieux ont une vision du monde qui repose sur le fait qu’ils voient des dangers partout et qu’ils se voient comme très vulnérables. Leur première erreur est de confondre la réalité avec la perception qu’ils en ont : "si mon enfant est en retard, c’est qu’il lui est arrivé un accident". Donc il doivent se demander si leur perception est sûre. Deuxième erreur commise : dramatiser la situation. "Je suis en retard, je vais me faire renvoyer et ma famille va se retrouver à la rue." D’où la question : "est-ce grave ?" Troisième erreur : au-delà d’un certain seuil, l’anxiété devient contre-productive. La question qui s’impose est donc : "que puis-je faire d’utile et d’adapté à la situation ?"
tf1.fr : Au-delà de ces conseils, quand faut-il consulter un thérapeute ?
C. A. : Il n’y a pas plus de honte à être anxieux qu’à être hypertendu ou diabétique. Le signal qui doit pousser quelqu’un à se faire aider, c’est d’une part, lorsque l’intensité de sa souffrance devient constante et incontrôlable, et d’autre part, lorsque celle-ci pousse à des évitements qui compliquent la vie quotidienne à l’extrême, comme ne plus toucher de poignées de porte, ne plus prendre l’ascenseur… Une thérapie, notamment comportementale, permettra de mieux gérer l’anxiété au quotidien car on ne peut pas la supprimer mais la ramener dans la normale.
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quelques phobies
illustrées avec
humour
par Muzo
(1) Christophe André et Muzo : Petites angoisses et grosses phobies, Seuil, 240 pages, 19,50€.
Toutes les illustrations sont de Muzo et tirées du livre.
Etes-vous prêt(e) à vaincre vos peurs ?
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Publié le 27/07/2010
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