© INTERNEEn nettoyant leurs cuves illégalement en pleine mer, les navires sont responsables d'une pollution des océans "huit à dix fois supérieure" à celle des naufrages accidentels de pétroliers. Tel est l’un des enseignements de la Semaine internationale consacrée à la sécurité maritime et à la protection de l'environnement, qui réunit actuellement à Brest 500 experts de 70 pays.
"Dix Erika" annuels en France
Même si les leurs conséquences sont considérables pour l'environnement, les marées noires représentent moins de 2,5% de la pollution maritime totale, a dénoncé lundi Paul Roncière, secrétaire général de la Mer. En revanche, les dégazages sauvages représenteraient jusqu'à "dix Erika" chaque année au large des côtes françaises, selon la préfecture maritime de l'Atlantique à Brest. Entre 500 et 1.000 observations de pollutions par dégazage sont faites en moyenne chaque année en Manche, Mer du Nord et en mer Baltique. En Méditerranée, on en compte en moyenne 1.000 à 1.500.
En deux ans, |
Manque de moyens adaptés
Alors qu'elle est dotée de la façade maritime la plus importante d'Europe, la France ne dispose d'aucun système vraiment efficace pour récupérer les hydrocarbures en mer. Le navire néerlandais Arca, équipé de ‘bras récupérateurs’ et de pompes à haut débit, peut ainsi intervenir même dans des conditions de mer difficiles. Mais certains experts estiment que le recours à ce type de bateaux s'avère coûteux pour une efficacité discutable. Mobilisés pendant une quinzaine de jours lors de la catastrophe de l'Erika, en pleine tempête, l'Arca et son homologue allemand, le Neuwerk, n'avaient pu pomper qu'un millier de tonnes de fioul lourd. Quelque 20.000 tonnes s'étaient échappées de la cargaison en mer.
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