© INTERNEtf1.fr : Qu’est-ce que le programme Galileo ?
Franco Bonacina : Le programme Galileo consiste en un système de trente satellites qui orbiteront à 24.000 km au-dessus de nos têtes, et nous permettront de connaître notre position à chaque instant, de jour comme de nuit, avec une précision inégalée. Ce système de repérage par satellite permettra par exemple à une ambulance qui doit intervenir de savoir si l’accident vers lequel elle se rend s’est produit sur le côté gauche ou droit de l’autoroute. Ce système permettra aussi de guider des trains, des avions dans leur phase de décollage ou d’atterrissage ; il donnera aussi une vision globale sur toute la planète.
tf1.fr : Comment fonctionne le système de repérage par satellite ?
F. B. : Il fonctionne avec un émetteur et un récepteur d’ondes radio. Un signal est envoyé au récepteur – que l’on peut avoir aussi bien dans une voiture, que dans la poche d’un habit si on fait de la randonnée… A partir de là, on a recours à une triangulation de signaux radio : c’est-à-dire que le récepteur mesure la distance qui le sépare du satellite émetteur, et en déduit sa propre position. On a besoin de trois satellites pour déterminer la latitude, la longitude et l’élévation. Un quatrième satellite nous permet d’avoir le timing, pour nous dire très précisément quand une localisation a eu lieu. On utilise pour cela une horloge atomique, extrêmement précise (basée sur la
fréquence des atomes).tf1.fr : Quel est l’avantage de Galileo par rapport au GPS américain ?
F. B. :
Le système sera opérationnel en 2008, et c’est une toute nouvelle génération par rapport au GPS. Il offre une précision de l’ordre de 2 m (contre 6 m seulement pour le GPS) ; il a également un système de certification du signal : toutes les six secondes, le système vérifie que le signal radio a bien été reçu – ce qui est un autre avantage de taille par rapport au GPS ; enfin, c’est un système civil, et il n’y a aucun risque de black-out si les militaires décident de brouiller leurs émissions. Et puis n’oublions pas que c’est un système à 100% européen : il permet donc d'assurer l'autonomie économique et militaire de l'Union européenne…tf1.fr : Les Etats-Unis ont essayé jusqu’au bout de faire capoter Galileo. Le secrétaire adjoint à la Défense a affirmé notamment que les fréquences de transmission de Galileo seraient dans le même spectre que celles des prochaines mises à jour du GPS et risquaient de les parasiter. Ce qui aurait été d’autant plus grave que ces mises à jour avaient pour but de séparer les signaux à usage militaire et civil…
F. B. : Cet argument a été depuis totalement annulé : nous avons bien expliqué aux Américains que les fréquences attribuées à Galileo par l’Union Européenne étaient totalement "libres" ; il n’y a donc aucun problème d’interférences possibles. De plus, les deux systèmes, Galileo et le GPS, peuvent travailler de manière autonome, tout en étant reçus par les mêmes récepteurs.Propos recueillis
Retour MYTF1
Chargement en cours...




