© INTERNELe 8 mai 1902, à 8h02 du matin, la ville de St-Pierre, située dans le Nord-Ouest de la Martinique, est rayée de la carte à la suite de l’éruption de la Montagne Pelée. 28.000 habitants périssent en quelques minutes. Et pourtant, les signes avant coureurs de la catastrophe se sont multipliés au fil des semaines.
Pluie de cendres sur la Martinique
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Après une éruption en 1851, l’activité du volcan reprend au début de l’année de 1902 avec des émissions de fumerolles (émanations gazeuses). Une odeur d’œuf pourri, liée à l’hydrogène sulfuré, se répand dans certains villages côtiers, incommodant et inquiétant les habitants. Dans les maisons, l’argenterie noircit. En avril, la Montagne Pelée se fait plus menaçante : séismes, détonations, premières émissions de cendres affolent les riverains. Et pourtant, à Saint-Pierre, surnommé "la Perle des Antilles" ou "le petit Paris des Antilles", l’insouciance prédomine. Les 26.000 habitants se sentent protégés du volcan par le relief naturel. Et puis, la campagne pour les élections législatives bat son plein. Dans la nuit du 2 au 3 mai, "une épaisse colonne de fumée noire sillonnée d’éclairs s’élève au-dessus du volcan", indique Simone Chrétien, ingénieur au CNRS et co-auteur d’un livre consacré à la catastrophe (1). De violentes explosions projettent pendant 12 heures d’affilée une pluie de cendres sur toute la Martinique.
volcanologique de
la Montagne Pelée
géologiques et minières
(photos d'époque)
Un premier télégramme prévient la métropole de la situation. Le 5 mai, une coulée de boue, de 150m de large et de 10 à 50m de haut, dévale de la montagne à près de 150 km/h, détruisant la rhumerie Guérin et tuant 23 personnes. Le 7 mai, une commission spéciale se rend sur place et affirme que "la sécurité de St-Pierre reste entière".
Nuée ardente et onde de choc
Le 8 mai, dès 5h du matin, la Montagne Pelée est surmontée d’un panache de fumée blanche qui est visible depuis Fort-de-France. De nombreux curieux affluent pour observer le phénomène. Soudain, à 8h02, une nuée ardente s’abat en trois minutes sur la ville, à une vitesse de 180 km/h. Il s’agit d’une "émulsion de matériaux solides dans un mélange de vapeurs d’eau et de gaz à haute température (entre 200 et 450°C)", précise Simone Chrétien. "Elle est précédée d’une onde de choc se déplaçant à 450 km/h, bientôt suivie d’un vent de retour". La ville de St-Pierre est soufflée tandis que sa rade est soumise à un raz-de-marée. 28.000 personnes périssent, "ensevelies sous les décombres, jetées à la mer ou brûlées dans l’incendie qui succède à la nuée". Outre quelques marins, seuls un cordonnier et un prisonnier, gravement brûlés, survivent. Ce dernier, Cyparis, sera engagé par le cirque Barnum, pour exhiber ses blessures à travers les Etats-Unis.
(1) Simone Chrétien et Robert Brousse : La Montagne Pelée se réveille, éd. Boubée, 241 pages, 24,4€.
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Retrouvez demain un deuxième article :
La Montagne Pelée sous surveillance
photo d'ouverture : les ruines de l'opéra de St-Pierre avec, en arrière-plan, la Montagne Pelée (photo : Office du tourisme de la Martinique).
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