Bac : pour ou contre les pilules "dopantes"

Par Matthieu DURAND, le 22 mai 2002 à 07h00 , mis à jour le 09 juin 2006 à 15h31

Pour améliorer leurs capacités à réviser, les étudiants recourrent à toutes sortes de dopants, le plus souvent vendus sans prescriptions médicales. Des produits que pharmaciens et médecins ne voient évidemment pas du même œil.

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A partir du mois de mai, les bachoteurs en tous genres se rendent chez leur pharmacien pour s'y faire recommander pilules et gelules susceptibles d'améliorer leur capacité à réviser.

Stress, mémoire et fatigue

"Les demandes portent sur trois domaines : la lutte contre le stress, l'aide à la mémoire et l'amélioration de l'état physique", a expliqué à tf1.fr Mme Nolf, qui dirige la pharmacie du même nom à Lille, près du centre universitaire. Comme beaucoup de ses confrères, la pharmacienne préconise la consommation de produits naturels, "à base de plantes ou de phospholipides", pendant une cure d'un mois. Selon elle, rien de tel que l'aubépine pour relaxer et trouver le sommeil ; quant à l'homéopathie, elle est parfaitement adaptée pour venir à bout du stress.

Même analyse à la Pharmacie du Point du jour, à Boulogne-Billancourt, en région parisienne. Avec une précision de taille : ici, la pharmacienne ne croit pas du tout à l'efficacité des aide-mémoires.

Un "besoin de magie"

Les médecins sont plus dubitatifs sur tous ces produits en vente libre en pharmacie. Stéphane Médioni, médecin généraliste parisien, y voit "un choix de société", sur lequel les grands groupes pharmaceutiques ont pesé. Et d'ajouter que les autorités ont ainsi "bazardé des millions de tonnes de produits dans les pharmacies". Une façon de dénoncer la mise des médecins sur la touche. Sur l'efficacité de l'homéopathie et des plantes plantes, Stéphane Médioni se borne à constater que "de tous temps, la société a eu besoin de magie"...

"A priori, nous intervenons davantage en tant que conseil qu'en tant que prescripteurs car les produits sont en vente libre et non remboursés par la Sécurité sociale", a indiqué à tf1.fr Annie Beltramone-Gilles, médecin généraliste à Aix-en-Provence. Même si certains étudiants ou parents profitent d'un rendez-vous pour demander des prescriptions. "Cela va de la vitamine C à des médicaments plus ‘lourds', comme les bétabloquants", précise-t-elle. L'intérêt de tous ces produits n'est pas majeur pour les étudiants ayant une vie et une alimentation équilibrées, affirme le docteur, mais ils peuvent apporter un complément utile dans une période où les révisions perturbent cet équilibre. Quant aux plantes et à l'homéopathie, il y a "ceux qui y croient et ceux qui n'y croient pas". Bref, à défaut d'apporter une aide avérée, les pilules "spécial révision" ne font pas de mal à l'étudiant qui a besoin d'être rassuré.

Par Matthieu DURAND le 22 mai 2002 à 07:00
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