© INTERNEDéjà commercialisée aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, la pilule contraceptive Jasmine, fabriquée par le laboratoire allemand Schering, est désormais disponible en France pour un prix en pharmacie de 10-11€. Présentation par le docteur Christian Jamin, gynécologue endocrinologue à l’hôpital parisien Bichat.
tf1.fr : Dans Le Parisien du 23 mai, Jasmine est présentée comme "une nouvelle pilule qui ne fait pas grossir"…
Christian Jamin : C’est absurde. Grossir signifie prendre de la graisse. Tout le monde confond graisse et poids. En fait, certaines femmes qui prennent la pilule connaissent un sentiment de lourdeur, parfois mal vécu, lié à la rétention d’eau. Jasmine contient un principe actif qui évite en partie ce phénomène et se traduit par une perte d’environ 300 à 400 grammes d’eau. Les femmes retrouvent leur poids initial au bout de deux ans.
tf1.fr : Quel est ce principe actif ?
"Jasmine contient |
C. J. : Toutes les pilules contraceptives sont composées d’un œstrogène et d’un progestatif, le contraceptif. Le progestatif qui entre dans la composition de Jasmine s’oppose à l’effet de l’aldostérone, "l’hormone de rétention d’eau". Mis à part ces quelques centaines de grammes de rétention d’eau perdus dans les premiers mois, il n’existe pas de différences d’efficacité entre Jasmine et les pilules contraceptives de même génération. Les effets secondaires sont les mêmes : saignements inattendus, maux de tête, mal aux seins, acné, jambes lourdes, nausées…
tf1.fr : Les pilules font-elles prendre du poids ?
C. J. : Les femmes qui prennent la pilule se plaignent fréquemment de prendre du poids. Or cela n’a jamais été prouvé scientifiquement ! Vous prenez deux groupes de femmes, l’un prend la pilule et l’autre pas. Dans les deux groupes, la même proportion de femmes va prendre du poids mais les femmes sous pilule qui prennent du poids vont l’attribuer à la pilule.
tf1.fr : Où en est la recherche en matière de contraception féminine ?
C. J. : La recherche suit deux voies. La voie classique, dont Jasmine est la dernière avancée, consiste à améliorer les pilules composées d’un progestatif et d’un œstrogène. Les doses ont ainsi été diminuées depuis 20 ans. La deuxième voie consiste à créer des produits dont l’efficacité est indépendante de l’observance, c’est-à-dire de la qualité de la prise du contraceptif. Car la grande faiblesse de la pilule, c’est que les femmes doivent la prendre tous les jours. Or, 10% des interruptions volontaires de grossesse en France sont liées à des oublis dans la prise de la pilule. Différents produits ont été mis au point : l’implant, de la taille d’une allumette, placé sous la peau pendant trois ans. C’est le produit le plus efficace sur le marché. Il y a aussi le patch, collé sur la peau chaque semaine pendant trois semaines, qui sera bientôt commercialisé en France. Et enfin, un anneau libérant des hormones que l’on met dans le vagin pendant trois semaines avant d’être renouvelé. Ces deux derniers produits ont le même taux "d’accident" (grossesses involontaires, NDLR) que la pilule.
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