© INTERNELe 8 mai 1902 à 8h02, "le petit Paris des Antilles" et ses 28.000 habitants sont rayés de la carte de la Martinique, à la suite d’une terrible éruption de la Montagne Pelée (lire l'article lié). Une catastrophe qui bouleverse le monde entier et amène l’Etat français à créer un observatoire sur place.
Surveillance permanente
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Dès 1903, l’Académie des Sciences de Paris dépêche à la Martinique Alfred Lacroix. Ce dernier réalise la première étude scientifique d’un volcanisme, analysant notamment le phénomène de la nuée ardente alors méconnu. Il participe également à la création d’un observatoire volcanologique à la Montagne Pelée, qui fonctionne jusqu’en 1925, le volcan semblant alors redevenu calme. Mais quatre ans plus tard, se produit une nouvelle éruption, qui incite les autorités à construire des installations de surveillance plus modernes.
Dépendant de l’Institut physique du globe à Paris, l’actuel observatoire, qui mobilise sept personnes, enregistre en permanence l'activité sismique du volcan, ses déformations ainsi que les variations de la composition chimique des fumerolles (émanations gazeuses) et des sources chaudes. Autre objet d’études : les champs magnétiques autour du site. Les scientifiques s’attachent également à reconstituer l’histoire de la Montagne Pelée à travers ses couches géologiques afin de connaître les éruptions passées.
Un volcan aujourd’hui calme
"Aujourd’hui, la Montagne Pelée est parfaitement calme. Il n’y a pas de tremblement de terre et quasiment pas de fumerolles", indique à tf1.fr Jean-Pierre Viodé, ingénieur de recherche au CNRS et directeur de l’observatoire. Toutefois, le volcan connaîtra d’autres éruptions dans le futur. "On ne sait pas les prévoir mais on sait voir le réveil d’un volcan plusieurs mois ou années à l’avance", précise-t-il avant d’ajouter : "la seule parade dans ce cas-là, c’est l’évacuation". Pour faciliter de tels mouvements de population, des cartes de "zonations" ont d’ailleurs été établies avec le concours du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).
"Il existe un plan OrSec (organisation des secours, NDLR) Volcan dont la mise en œuvre est décidée par le Préfet. La population de l’île connaît les risques qu’elle court. Nous accueillons de nombreux visiteurs à l’Observatoire et il existe une Maison du volcan ouverte au public, à Morne-Rouge", complète Jean-Pierre Viodé. A la Martinique, tout est fait pour que la catastrophe de 1902 ne se reproduise jamais plus.
La Montagne Pelée dominant
la ville de St-Pierre (photo : Office
du tourisme de Martinique).
200 chercheurs sur les flancs de la Montagne Pelée La ville de St-Pierre accueille du 12 au 16 mai 200 scientifiques du monde entier, représentant 35 nationalités différentes. Au cours de ce colloque, volcanologues, géophysiciens et autres spécialistes évoqueront le volcanisme explosif que l’on rencontre dans les arcs insulaires (Caraïbes, Japon), dans la cordillère des Andes ou dans la chaîne des Cascades aux Etats-Unis. Pendant une semaine, les participants crapahuteront aussi sur les pentes de la Montagne Pelée pour y effectuer relevés et expériences. |
photo d'ouverture : la Montagne Pelée (crédit : Observatoire volcanologique de la Montagne Pelée).
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