© INTERNELe paludisme tue une personne toutes les 12 secondes dans le monde, souvent un enfant de moins de 5 ans. Une maladie résistante aux médicaments et contre laquelle il n’existe pas de vaccin (voir encadré ci-dessous). Aussi des scientifiques américains se sont-ils attaqués au vecteur du "palu" : le moustique. Objectif : l’empêcher génétiquement de transmettre l’agent infectieux, le Plasmodium falciparum, du sang d'une personne à celui d'une autre.
Bloquer la transmission de la maladie
Sur le web Université de Case Inserm
Un grand nombre des outils nécessaires pour une manipulation génétique des moustiques à cet effet ont déjà été développés. Des gènes étrangers susceptibles de conférer des propriétés anti-malariennes peuvent désormais être introduits dans des cellules reproductrices chez deux types de moustiques. Ces gènes produisent une molécule qui bloque le développement du Plasmodium, en l'empêchant de se transporter de l'intestin jusqu'aux glandes salivaires du moustique.
Western Reserve
Ces découvertes, publiées jeudi dans la revue Nature, ont été effectuées en laboratoire à l'université Case Western Reserve de Cleveland (Ohio). Elles pourraient être décisives pour la mise au point de nouvelles stratégies de lutte contre la maladie.
Approche pharmacologique
Cette avancée intervient après la publication, dans le magazine Science du 15 février dernier, des travaux d’une équipe du CNRS et de l’Inserm, associée à des scientifiques colombiens. Ces chercheurs ont élaboré une nouvelle stratégie thérapeutique contre le paludisme. Elle est basée sur le blocage par un agent pharmacologique, le G25, du métabolisme de Plasmodium. Le G25 a été testé avec succès, in vitro et chez des singes. Les animaux infectés ont été définitivement guéris. Cette approche pharmacologique en est à un stade avancé, proche des études précliniques. Elle peut être considérée comme l'une des voies thérapeutiques d'avenir du paludisme. Les objectifs actuels de l'équipe sont de développer un composé administrable par voie orale. Ce qui rendrait le traitement plus facile à suivre.
1 à 3 millions de victimes par an Le paludisme ou malaria désigne un groupe de maladies caractérisées par des crises fébriles périodiques. Selon l'estimation de l'Organisation mondiale de la santé, près de la moitié de la population mondiale vivant dans 91 pays tropicaux est exposée au risque d'infection. La maladie tue entre 1 et 3 millions de personnes par an, principalement en Afrique, et si aucune mesure n'était prise, elle devrait faire deux fois plus de victimes d'ici à vingt ans.
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