© ManreoLes catholiques très pratiquants sont plus enclins à être victimes de troubles obsessionnels compulsifs (Toc) que les personnes moins religieuses. Une information qui n’est pas en toc puisque tirée d’une étude menée par Claudio Sica, de l’université italienne de Parme et révélée par le magazine New Scientist.
Dévots très atteints
Comme l’explique le psychiatre Christophe André dans son ouvrage Petites angoisses et grosses phobies (1), "Le Toc est une maladie anxieuse, marquée par divers symptômes, principalement des obsessions, des compulsions et des évitements anxieux" (voire encadré ci-dessous). L’équipe de Claudio Sica a ainsi réuni plusieurs groupes d’individus : des nonnes, des prêtres, des catholiques pratiquants et des personnes peu portées à la religion. Chacun a fait part aux chercheurs de ses éventuels troubles obsessionnels compulsifs. Il en est ressorti que les catholiques les plus dévots étaient atteints des symptômes les plus sévères.
Relier la piété aux Toc est une approche plutôt "audacieuse", a indiqué à New Scientist Lynne Drummond, psychiatre au St-George’s hospital de Londres. Selon elle, un patient doit avoir des prédispositions génétiques pour développer de tels symptômes. Mais elle ajoute que beaucoup de patients atteint d’un Toc indiquent avoir reçu une éducation religieuse stricte, dans laquelle le bien et le mal était clairement définis. Et le magazine scientifique de conclure : ce sont en fait les individus dont le caractère les prédispose à développer des Toc qui sentent plus attirés par un mode de vie très religieux.
Les Toc : kézako ? Parmi les symptômes du Toc, on trouve principalement des obsessions, des compulsions et des évitements anxieux. Les premières désignent des images, des idées ou des pensées qui s’imposent à l’esprit de manière persistante. Les deuxièmes sont des comportements ou des actes mentaux que l’on se sent obligé d’accomplir à la suite d’une obsession, comme se laver trois fois les mains (compulsion) après avoir touché un objet estimé souillé (obsession). Enfin, "les personnes soufrant de Toc évitent méthodiquement de se confronter à ce qui les angoisse", poursuit Christophe André (1). Les angoissés par la saleté portent ainsi des gants ou évitent de serrer les mains… Les causes d’un Toc sont mal connues. "Les aspects génétiques jouent sans doute un rôle important", avance le psychiatre. D’autres spécialistes évoquent aussi les traumatismes émotionnels ou les blessures à la tête.
(1) Christophe André, avec Muzo : Petites angoisses et grosses phobies, Seuil, 240 pages, 19,50€.
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