Le bonheur est dans la semence

Par Matthieu DURAND, le 28 juin 2002 à 07h00 , mis à jour le 27 juin 2002 à 18h35

Des chercheurs américains ont établi que la dépression touche moins les femmes exposées au sperme. Pour une question d’hormones. Mais, attention, l’utilisation du préservatif n’est pas remise en cause.

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Paraphrasant Pierre Desproges, on pourrait affirmer que "sans sperme, la femme s’étiole". Non, il ne s’agit pas d’une blague de potaches mais du résultat d’une étude très sérieuse, à paraître dans Archives of sexual behavior et présentée par New Scientist. Selon l’équipe de Gordon Gallup, psychologue à l’université d’Etat de New York (Etats-Unis), les femmes exposées à la semence masculine sont moins soumises à la dépression que celles qui utilisent des préservatifs.

Préservatifs et dépression

L’enquête a été menée auprès de 293 étudiantes divisées en plusieurs groupes selon qu’elles utilisaient toujours, souvent, parfois ou jamais de préservatifs ou qu’elles étaient vierges (1). Chaque participante a répondu au "Beck depression inventory", un questionnaire standard qui permet au répondant de décrire son humeur.

Les chercheurs ont constaté que les symptômes dépressifs ou les tentatives de suicide étaient plus courants chez les adeptes régulières du plastique. Les femmes qui n’utilisent jamais ou rarement de préservatifs sont d’autant plus déprimées que leurs périodes d’abstinence sexuelle sont longues. Ce qui n’est pas le cas pour celles qui recourent parfois ou toujours aux capotes.

Une question d’hormones

L’explication résiderait, selon l’équipe de Gallup, dans les hormones présentes dans le sperme, dont la testostérone, l’œstrogène, l’hormone stimulant la folliculogénèse (FSH), l’hormone luténéisante (LH), la prolactine et plusieurs prostaglandines. Ces hormones sont connues pour altérer l’humeur. Or, plusieurs d’entre elles ont été détectées dans le sang de femme plusieurs heures après l’exposition au sperme par voie vaginale.

Une fellation pourrait-elle avoir le même effet ? "Comme les stéroïdes dans les pilules contraceptives ‘survivent’ au processus de digestion, je pense que c’est également vrai pour certains des éléments présents dans le sperme", répond le psychologue. Dans le cas de relations sexuelles anales, "il n’est pas rare que du sperme soit conservé pendant des périodes étendues", ce qui suggère que des "effets psychologiques" sont possibles, ajoute-t-il, précisant que des études complémentaires doivent être engagées.

La protection avant tout

Mais attention, prévient Gordon Gallup, "nous n’incitons pas les gens à s’abstenir d’utiliser des préservatifs". Et d’insister : "Il est clair qu’une grossesse non voulue ou une MST ferait plus qu’annuler les effets psychologiques avantageux du sperme". Contactée par tf1.fr, la biologiste Marie Monge confirme : "Sans connaître le détail de l’étude, je la trouve douteuse d’un point de vue intellectuel. Ne pas utiliser un préservatif, ce n’est pas un moyen pour se sentir mieux. Et ce n’est pas un message à faire passer, surtout auprès des jeunes".

(1) Gordon Gallup a indiqué à New Scientist qu’il possède déjà des données non publiées d’une étude similaire menée sur un groupe de 700 femmes qui confirment cette découverte.

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Par Matthieu DURAND le 28 juin 2002 à 07:00
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