© INTERNELa faim frappe 815 millions de personnes dans le monde, dont 777 millions dans les pays en développement, 27 dans les pays en transition (anciens pays de l'Est) et 11 dans les pays développés. Un constat alarmant tiré par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), qui organise un sommet sur la faim dans le monde, du 10 au 13 juin à Rome.
Alimenter les villes
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Parmi les préoccupations de l’agence onusienne, figure en bonne place le sort des habitants des villes, qui représenteront en 2005 plus de la moitié de la population de la planète. Leur garantir une alimentation saine, à des coûts abordables, sera très difficile, surtout dans les villes du monde en développement. L'urbanisation grignotera vraisemblablement les terres productives, éloignant de plus en plus la production vivrière, accroissant ainsi le coût de toutes les activités liées à la production de nourriture et l'approvisionnement des villes. Principales victimes : les consommateurs urbains les plus pauvres, qui consacrent entre 60 et 80% de leur revenu à la nourriture.
La sécurité sanitaire des aliments constituera aussi un problème grave dans les zones urbaines où, en raison du transport et de mauvaises pratiques d'hygiène et de réfrigération, les denrées alimentaires sont parfois contaminées ou avariées. La présence de sel dans les sols, due à l’érosion, pourrait menacer 10% de la récolte céréalière mondiale, déjà insuffisante pour nourrir les 815 millions d’affamés. Outre une meilleure utilisation de l'irrigation, la solution au problème passe, selon la FAO, par une amélioration du drainage des terres et parfois par la submersion des sols, une méthode souvent plus coûteuse.
"Le droit à une nourriture suffisante"
La Déclaration de Rome, adoptée par 185 pays signataires lors de la précédente réunion de la FAO en 1996, proclamait le droit de chacun à une nourriture "saine et nutritive" et s'engageait à réduire de moitié, à 400 millions, le nombre de personnes affamées d'ici à 2015. Or, "pour atteindre l'objectif, il faut diminuer le nombre de personnes sous-alimentées de 22 millions par an, alors que ce chiffre n'est actuellement que de 6 millions par an", estime la FAO.
Les organisations non gouvernementales (ONG) demandent donc aux dirigeants qui se réuniront à Rome d'inscrire "le droit à une nourriture suffisante" dans les textes internationaux. Comme l’explique Simone Ramella, porte-parole du forum des ONG qui a débuté dimanche dans la capitale italienne, "en cas d'impossibilité pour un Etat à garantir le droit à l'alimentation, les citoyens pourraient se retourner vers les organisations internationales".
Emmenthal : avec ou sans trous L'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), basée à Rome, est l'agence des Nations Unies chargée de la sécurité alimentaire de la planète, et son action s'étend de l'expertise à l'aide concrète au développement rural. La FAO participe à la définition des normes alimentaires internationales, objets d'âpres négociations au sein de la commission du Codex Alimentarius créée en 1962 avec l'Organisation mondiale de la Santé à Genève. Le Codex a ainsi été le théâtre d'une bataille mémorable pour faire admettre que l'emmenthal est un fromage à trous, alors que les Néo-Zélandais prétendaient exporter une appellation "emmenthal" sans trou pour gagner de la place dans les conteneurs. |
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