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Depuis 20 ans, les chercheurs français explorent les profondeurs océanes au large du Mexique pour y comprendre un mystère : celui de la vie en milieu extrême. A plus de deux kilomètres sous le niveau de la mer, dans un environnement parmi les plus chauds et les plus toxiques de toute la planète, s’est développé un écosystème marqué par une très grande biodiversité. Ce "miracle biologique" a été au cœur d’une expédition conjointe du CNRS et de l’Ifremer, du 30 avril au 2 juin dernier. La "pêche" aux informations a été exceptionnelle, à l’instar de la vidéo que tf1.fr vous propose en exclusivité (voir encadré ci-joint).
pour découvrir
la vidéo spectaculaire
de la mission Phare
commentée par
Françoise Gaill,
chef de projet (CNRS)
durée : 7 mn
Robot et aquariums pressurisés
Menée sur la dorsale (système volcanique sous-marin) du Pacifique oriental, au large des côtes mexicaines, la campagne Phare (Peuplements Hydrothermaux, leurs Associations et Relations avec l’Environnement) s’est attachée à étudier toutes les facettes de l’écosystème des sources hydrothermales. Des pôles chauds où les températures varient, à quelques centimètres près, de 10 à 150 degrés Celsius et dont les émissions, chargées en sulfure d’hydrogène et en minéraux, sont a priori toxiques pour les êtres vivants. Or, crustacés, poissons et animaux originaux se sont adaptés à cet environnement extrême. "Ces communautés ne dépendent pas de la photosynthèse mais de l’énergie de la Terre", a expliqué Françoise Gaill, chef de projet (CNRS), en conférence de presse.
Pour comprendre cette bizarrerie de la nature, une trentaine de chercheurs a embarqué sur L’Atalante, un navire de l’Ifremer. Intervenant dans des disciplines aussi différentes que la biologie, l’écologie, la géologie ou la génétique, ils ont mis en commun leurs connaissances afin de mener des expérimentations sur site et dans leurs "laboratoires flottants". Télémanipulé au centimètre près depuis la surface, via un câble, le submersible inhabité Victor 6000 a effectué des prélèvements (larves, bactéries, particules, fluides), à 2.600 mètres de profondeur. Il a aussi permis de filmer des scènes aussi spectaculaires que riches en enseignements sur un milieu étonnant, qui semble caractérisé par une grande instabilité.
Au fond de la mer : un substitut sanguin
Dans des aquariums pressurisés, les scientifiques ont mené des expériences dont les résultats, en cours d’analyse, s’annoncent très prometteurs. Comme l’a indiqué Philippe Gillet, directeur scientifique au CNRS, "essayer de comprendre ces mondes extraordinaires, situés en dehors de notre perception de la conception de la vie, fut une révolution culturelle qui a ouvert la réflexion sur d’autres endroits extrêmes où la vie pouvait se développer" : sous les calottes polaires, dans le désert et sur d’autres planètes. Des travaux qui peuvent avoir des applications très pratiques : Franck Zal, écophysiologiste au CNRS, a indiqué à tf1.fr qu’en étudiant ces animaux des profondeurs (voir photos), "on a identifié une molécule qui pourrait être utilisée comme un substitut sanguin". Qui ose encore dire que la recherche la plus pointue ne sert à rien ?
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![]() Un ver de Pompéi (Alvinella pompejana) photo : Ifremer/Phare 2002. |
![]() Observation in vivo d'un "ver palmier" à bord de L'Atalante. photo : Ifremer/Phare2002/ Olivier Dugornay. |
![]() Branchies de vers géants Riftia, actinie et gastéropodes, à 2.630 mètres de fond. photo : Ifremer/Phare 2002. |
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![]() Bouquets de géants Riftia pachyptila, à 2.630 mètres de fond. photo : Ifremer/Phare 2002. |
photo d'ouverture : sommet d'une cheminée hydrothermale de 8 mètres, à 2.630 m de fond (photo : Ifremer/Phare 2002).
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