© INTERNEL’existence d’enfants cancéreux près du site nucléaire (usine de retraitement de déchets) de Sellafield, en Grande-Bretagne, est-elle liée aux radiations reçues par leurs parents travaillant sur le site ? Une étude, financée par l’industrie nucléaire britannique, relance le débat dans ce pays, comme le révèle le magazine New Scientist.
Première étude, premier débat
L’idée d’un lien entre les employés irradiés et les enfants atteints de leucémie a été suggéré une première fois en 1990 par Martin Gardner, un épidémiologiste de l’université de Southampton, rappelle la revue. Cette hypothèse avait été alors très critiquée, des experts affirmant que le nombre d’enfants cancéreux était dû aux importants mouvements de population dans la région. Selon eux, ces va-et-vient ont contribué à propager des infections pouvant accroître les risque de cancer.
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Divergences autour des résultats
A Seascale, l’augmentation du risque de cancer s’explique principalement par le mélange de population liée aux déménagements et emménagements, affirment les chercheuses. Mais elles précisent que l’explication ne tient plus pour les enfants de Sellafield. S’il existe de plus en plus de preuves que les dommages créés par des radiations peuvent être transmis d’une génération à une autre, Heather Dickinson et Louise Parker soulignent que ce risque est faible : 13 enfants nés de parent(s) employé(s) à Sellafield ont contracté une leucémie en 41 ans. Et parce que les employés sont soumis à des radiations plus faibles aujourd’hui, il est peu probable qu’ils en subissent désormais les effets.
De quoi satisfaire la direction des Carburants nucléaires britanniques (British nuclear fuels, BNFL), la société qui gère le site de Sellafield et qui sponsorise le Westlakes research institute, lequel a partiellement financé l’étude de Dickinson et Parker. Pour les opposants locaux au nucléaire, au contraire, les travaux récents réhabilitent ceux de 1990 et BNFL est coupable de l’ignorer. Le débat n’est pas clos mais il a le mérite d’exister. Une telle étude, co-financée par EDF ou la Cogema, serait-elle même envisageable en France ?
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