© INTERNE"Le professeur Antinori dément catégoriquement toutes les informations qui lui sont attribuées, relatives à des événements cliniques de naissance et qui n'ont rien à voir avec le programme scientifique sérieux dont il s'occupe actuellement". Dans un communiqué signé, le gynécologue italien Severino Antinori a démenti vendredi avoir réalisé une grossesse par clonage comme il l'indique dans une interview à Libération. Le quotidien français, lui, maintient qu'Antinori a bien tenu ces propos.
"La vie est un risque"
Dans cet entretien accordé début juillet et publié aujourd'hui, le gynécologue italien explique que "50 couples qui souffrent d’une infertilité masculine totale se sont portés volontaires pour entrer dans un programme de clonage. J’ai fait 18 transferts d’embryons créés par clonage". Résultat : une grossesse, arrivée dans sa 15e semaine (au moment de l’interview, réalisée début juillet). "Le fœtus a une bonne morphologie", constate le docteur Antinori, qui précise que l’enfant naîtra en décembre, "ailleurs qu’en Italie" et qu’il ne sera pas présenté tout de suite à la presse, "vu le climat anticlonage". "On attendra qu’il y ait une vingtaine d’enfants nés de clonage pour faire une publication scientifique", ajoute-t-il.
Concernant les risques de maladies ou de malformations à court ou moyen terme chez l’enfant — et qui ont été constatés sur les animaux clonés — Severino Antinori se déclare "convaincu qu’il y a moins de risques chez l’homme que chez l’animal". Et de conclure : "Et puis, la vie est un risque".
Objectifs atteints
Le docteur Antinori a-t-il tenu ces propos ? Quelle que soit la réponse, le démenti "catégorique" peut être expliqué par les risques encourus par Antinori : la nouvelle législation italienne adoptée le 19 juin sur la procréation médicalement assistée interdit formellement le clonage humain. Le personnel médical impliqué dans de tels actes encourt une peine de 10 à 20 ans de prison, une amende pouvant s'élever à un million d'euros et la radiation à vie de la profession. Jusqu'à présent, Severino Antinori, pourtant avide de renommée, a toujours nié toute implication dans les grossesses en cours à partir d'embryon humains clonés. "Si j'étais impliqué, bien sûr, je ne le dirais pas", avait-il ainsi déclaré le 8 mai à Rome après avoir annoncé trois grossesses en cours, l'une dans un pays islamique et les deux autres dans des Républiques de l'ex-URSS. Mais il n'a jamais caché vouloir être le premier à réaliser un clonage humain. En janvier 2001, il s'était fixé l'objectif de produire un clone "d’ici 18 mois à 2 ans". Objectif tenu selon son annonce avant démenti.
Le gynécologue italien bénéficie, relève Libération, de "quelques fermes soutiens dans le milieu de la médecine de procréation". Et notamment celui du "septuagénaire anglais Bob Edwards, le père fondateur de la fécondation in vitro". Lequel rappelle qu’Antinori "a été le premier à pratiquer des micro-injections de spermatozoïdes, le premier à aider les femmes ménopausées à avoir des enfants". Reste que les méthodes du praticien sont loin de susciter l’unanimité. Libération pointe à ce titre que 21 pays interdisent le clonage humain et que l’ONU projette d’en faire autant.
photo d'ouverture : AFP
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