© INTERNEtf1.fr : Le Marsupilami vit dans la forêt tropicale de Palombie, en Amérique latine. Y a-t-il d’autres marsupiaux dans ce continent ?
Marie-Claude Bomsel (1) : Il y en a eu avant la dérive des continents. Aujourd’hui, les derniers marsupiaux américains sont des opossums très rares. Hormis cette espèce, seule l’Australie abrite ce type de mammifère. Mais la fourrure du Marsupilami évoque également un petit félin. Comme le jaguar, dont il me semble très proche, le Marsupilami aime l’eau... et apprécie la chair des piranhas.
tf1.fr : Le Marsupilami est un mammifère qui pond des œufs. Est-ce courant ?
M.-C. B. : Non, seuls l’ornithorynque et l’échidné, deux mammifères très primitifs qui vivent en Australie, pondent également des œufs. Ces mammifères, comme les marsupiaux mais contrairement au Marsupilami, n’ont pas de nombril, enfin pas tel qu’on l’entend. Car le fœtus n’est pas relié au placenta mais à une substance nutritive, dans l'oeuf.
Claude-Anne Gauthier (2) : Je remarque que le Marsupilami est monogame, comme les primates asiatiques, le gibbon notamment. Lorsqu’il s’installe en couple, il construit un nid, comme les orangs-outans et les chimpanzés.
tf1.fr : Une des nombreuses caractéristiques étonnantes du Marsupilami, c’est qu’il lui arrive de reproduire des propos humains qu’il a entendus…
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M.-C. B. : Aucun animal ne peut reproduire les sons humains, sauf certains oiseaux comme le perroquet. Paradoxalement, ce sont les chats et les chiens qui essaient de nous parler par des sons. Les singes le font également mais à travers des gestes.
tf1.fr : Le Marsupilami utilise sa queue de mille façons : comme un moyen de locomotion, un outil, un fouet ou une masse. Y a –t-il d’autres équivalents dans la nature ?
M.-C. B. : Certains singes d’Amérique latine ont une queue préhensible qui leur permet de s’accrocher aux branches ou de tenir en équilibre mais pas de pêcher, ni d’en faire un ressort ! En revanche, le makicatta, un lémurien de Madagascar, se sert de sa queue pour effectuer des signaux.
C.-A. G. : Cette utilisation de la queue comme un outil est digne des anthropoïdes, des grands singes.
tf1.fr : Le Marsupilami a été "découvert" en 1952. Peut-on encore trouver des animaux inconnus aujourd’hui ?
M.-C. B. : Des invertébrés, on en découvre tous les jours ! On estime que l’on ne connaît que 1/10e des espèces d’insectes. Quant aux "grands animaux" découverts, il s’agit princiaplement d’espèces que l’on croyait éteintes et que l’on retrouve. Les découvertes interviennent surtout en Asie, qui est un continent que les naturalistes arpentent moins que l’Afrique ou l’Amérique.
C.-A. G. : Les découvertes sont faites dans les franges de forêts abîmées ou exploitées. On a ainsi "trouvé" deux espèces de singes sud-américains et trois espèces de lémuriens à Madagascar.
tf1.fr : Votre jugement sur le Marsupilami ?
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M.-C. B. : Il est bien fait, son créateur (3) devait avoir des notions de zoologie. Ce n’est pas un hasard s’il a tant de succès. Ce qui me plaît, c’est sa sauvagerie et sa vigueur. C’est un vrai animal. C’est plutôt mieux que l’aspect bêtifiant des animaux chez Walt Disney.
C.-A. G. : C’est animal fascinant. Il garde ses distances avec les hommes, il a aussi un côté très écolo… En tant que comportementaliste, ce serait un vrai bonheur de pouvoir l’observer.
(1) vétérinaire et directrice de la Ménagerie du Jardin des plantes
(2) primatologue et directrice du zoo de Vincennes
(3) le dessinateur belge André Franquin, également "papa" de Gaston Lagaffe
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le site officiel du Marsupilami
photo d'ouverture : détail de La queue du Marsupilami, par Greg, Franquin et Batem, Marsu Productions.
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