© INTERNEPartenariats public-privé : l’Europe s’engage
L'Union européenne a annoncé officiellement jeudi à la presse qu'elle lancerait deux partenariats public-privé "majeurs". Le premier sera dédié à l'eau, en vue de diminuer de moitié d’ici à 2015 le pourcentage de la population mondiale sans eau potable, ni assainissement. Il sera centré sur l'Afrique et les 12 républiques ex-soviétiques (dont la Russie) non candidates à l'UE. Le deuxième partenariat, consacré à l’énergie, doit permettre aux deux milliards d'hommes sans électricité d'y accéder d'ici à 2015 également. Il aura une dominante ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique), un ensemble de 78 pays en développement avec lesquels l'UE entretient traditionnellement des relations économiques étroites. Selon des sources spécialisées, il aidera ces pays à interconnecter leurs réseaux électriques et à améliorer leur efficacité énergétique.
Initiatives américaines
"Les Etats-Unis sont les champions mondiaux du développement durable", a déclaré le chef de la délégation américaine au sommet de la Terre, la sous-secrétaire d'Etat aux affaires globales Paula Dobriansky. Evoquant le principal document politique du "Sommet mondial pour le développement durable", Mme Dobriansky a relevé que le Plan d'action en négociation à Johannesburg comptait actuellement "quelque 30.000 mots". "Les mots, c'est bien, mais les actions c'est mieux", a-t-elle souligné, confirmant ainsi l'hostilité de l'administration Bush à tout engagement politique multilatéral. La sous-secrétaire d’Etat a ainsi annoncé cinq partenariats public-privé pour l'accès à l'eau et à l'assainissement (970 millions de dollars de fonds publics sur trois ans), pour l'accès à l'énergie (43 millions en 2003), pour lutter contre la faim en Afrique (90 millions en 2003), pour protéger les forêts du bassin du Congo (53 millions sur quatre ans) et pour lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme (1,2 milliard en 2003).
Coopération nucléaire Nord-Sud
L'Union européenne proposera une assistance technique aux pays en développement qui souhaiteront inclure des projets nucléaires dans leur programmes énergétique, dans le cadre de ses projets d'aide au développement, a indiqué jeudi Poul Nielson, commissaire européen pour la coopération. "C'est contradictoire avec les engagements européens pris dans le cadre du protocole de Kyoto (sur le changement climatique), qui excluent expressément le nucléaire des projets de développement (mécanismes de développement propre)", s’est indigné Claudes Turmes, député Vert (Luxembourg) au parlement européen.
Greenpeace et multinationales : même combat
"Compte-tenu de la gravité des risques liés au changement climatique et de la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre, nous remisons nos divergences sur les autres sujets et nous demandons aux gouvernements de faire preuve de responsabilité", ont déclaré mercredi soir 163 multinationales réunies au sein du World Business Council for sustainable development (WBCSD, Conseil mondial des affaires pour un développement durable)… et Greenpeace. Dans cet appel, les gouvernements sont invités à "créer un cadre international de lutte contre le changement climatique sur la base de la Convention-cadre de l'ONU sur le changement climatique et de son protocole de Kyoto". Des applaudissements à tout rompre de l'assistance, composée majoritairement d'associations écologistes, ont salué l'événement. Au sein du WBCSD, figurent les compagnies pétrolières américaines Conoco et ChevronTexaco, le conglomérat chimique DuPont, le groupe de communication AOL Time Warner et Alcoa (aluminium) ainsi que Areva (nucléaire, France), DaimlerChrysler, Honda, Michelin et Suez.
Sans contrôle du sida, pas de développement durable On peut oublier toute chance de développement durable dans de nombreuses parties du monde si l'on ne parvient pas à contrôler le sida, qui devrait tuer prématurément 68 millions de personnes d'ici 2020. La mise en garde vient de Peter Piot, directeur exécutif d'Onusida, qui a présenté jeudi à Johannesburg le rapport de l’agence intitulé "Ressources humaines et développement durable". En visant surtout les adultes (15-49 ans) qui ont un rôle économique et social vital, le sida "épuise les ressources humaines, sape la capacité de production, aggrave la pauvreté et les difficultés", explique le rapport qui détaille l'impact de la pandémie, touchant 40 millions de personnes, sur l'éducation, la santé, l'agriculture. Le sida, poursuit le rapport, "rend plus difficile la reprise du développement, sans parler de progrès. Il accentue les facteurs favorables à la propagation de l'épidémie, créant une spirale infernale vers le bas". Peter Piot a appelé le sommet de la Terre, dans sa déclaration politique finale, à "reconnaître le sida comme un enjeu transversal pour le développement durable, pas seulement sous la rubrique "santé".
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