Johannesburg : la France mobilisée mais réaliste

Par Matthieu DURAND, le 28 août 2002 à 16h18 , mis à jour le 27 août 2002 à 16h45

Le gouvernement français souhaite faire entendre sa voix au Sommet de la Terre. Notamment sur trois thèmes forts : la diversité culturelle, la gouvernance mondiale et la coopération Nord-Sud.

sommet de la terre johannesburg développement durable logo français © INTERNE

A la veille de son départ pour Johannesburg, la délégation gouvernementale française aborde le Sommet de la Terre dans un état d’esprit "raisonnablement optimiste" mais "réaliste". C’est le message qu’ont fait passer, lors d’une conférence de presse mardi matin, la ministre de l’Ecologie Roselyne Bachelot, le ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie Pierre-André Wiltzer et la secrétaire d’Etat au Développement durable Tokia Saïfi.

Redynamiser la coopération

L’importance de cette délégation montre que "la mobilisation de notre pays n’est pas seulement gouvernementale mais celle de toute la société civile", s’est félicitée Roselyne Bachelot. A Johannesburg, la France poursuivra trois principaux objectifs afin de lutter contre la pauvreté — l’une des priorités du Sommet, a résumé la ministre. D’abord, intégrer la dimension culturelle au développement durable. A ce titre, le président de la République présidera sur place une table ronde sur la diversité culturelle. Deuxième objectif : s’engager dans la voie d’une gouvernance mondiale. "Comment imposer le développement durable s’il n’y a pas une organisation supranationale qui conseille, impulse et, au besoin, punit ?", a demandé Roselyne Bachelot.

Enfin, la France a décidé de soutenir une quinzaine de partenariats, pour un budget de 30 millions d’euros sur deux ans. Focalisés géographiquement, sur le bassin méditerranéen et l’Afrique, et sur deux dossiers principaux, l’eau et l’énergie, ces projets seront "concrets et évaluables", selon les termes de Pierre-André Wiltzer. Ces initiatives marquent la volonté de la France de redynamiser sa politique de coopération. En quatre ans, l’aide publique au développement est "tombée de 0,50% du produit intérieur brut (PIB) français à 0,32% en 2001", a précisé le ministre délégué. Le gouvernement entend "stopper cette dérive", a-t-il affirmé, ajoutant que "l’Afrique sera le continent privilégié de notre aide" et que "le principe du partenariat remplacera celui de l’assistance".

"Des sujets de désaccord demeurent"

Malgré des réunions préparatoires au Sommet qualifiées de décevantes, "nous sommes raisonnablement optimistes" sur les chances d’aboutir à des résultats concrets "mais des sujets de désaccord demeurent", a indiqué la ministre de l’Ecologie. Et de souligner que les Etats-Unis avaient malgré tout accepté de présenter un plan national de développement durable lors de ces réunions préparatoires. L’enjeu de Johannesburg est de "passer à l’action, le plus vite possible", a confirmé le ministre délégué à la Coopération.

"Nous voulons sortir (du Sommet) avec une déclaration politique forte et un plan d’action comprenant des objectifs, un calendrier et un financement", a insisté Tokia Saïfi. La délégation française n’en demeure pas moins "réaliste". Ces objectifs sont loin d’être partagés par les Etats-Unis, plus favorables à des projets de partenariats ciblés.

Liens :

- Le site du Sommet de la Terre (en français)

- Le site du ministère de l'Ecologie sur le Sommet de la Terre

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Par Matthieu DURAND le 28 août 2002 à 16:18
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